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Victor Kalix

Programme d’exploration des technologies de l’artificiel

Premier corpus

Les références du corpus

≈ 97 min de lecture

Sommaire
  1. Anthropic (entreprise d’intelligence artificielle, États-Unis)
  2. Apache License, version 2.0 (Apache Software Foundation)
  3. Aristote (384-322 av. J.-C.)
  4. Bai, Yuntao, et al. (Anthropic)
  5. Baran, Paul (1926-2011, Pologne, puis États-Unis)
  6. Berkeley Software Distribution License (licence BSD)
  7. Berman, Harold J. (juriste, États-Unis)
  8. Bostrom, Nick (né en 1973, Suède)
  9. Chalmers, David J. (né en 1966, Australie, puis États-Unis)
  10. Clark, Andy (né en 1957)
  11. CNUDCI (Commission des Nations unies pour le droit commercial international)
  12. Contributor Covenant (Coraline Ada Ehmke, 2014)
  13. Convention des Nations unies sur l’utilisation de communications électroniques dans les contrats internationaux (CNUDCI, 2005)
  14. Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions (CC BY-SA)
  15. Damasio, Antonio (né en 1944, Portugal, puis États-Unis)
  16. Directive 96/9/CE (Parlement européen et Conseil de l’Union européenne)
  17. Edelman, Gerald M. (1929-2014, États-Unis)
  18. Épictète · Marc Aurèle · Sénèque (la lignée stoïcienne)
  19. Free Software Foundation
  20. Friston, Karl (neuroscientifique, Royaume-Uni)
  21. Galloway, Alexander R. (né en 1974, États-Unis)
  22. Gilligan, Carol (née en 1936, États-Unis)
  23. GNU Affero General Public License, version 3 (Free Software Foundation)
  24. GNU General Public License, version 3 (Free Software Foundation)
  25. Grassé, Pierre-Paul (1895-1985, France)
  26. Grigg, Ian (informaticien)
  27. Hadot, Pierre (1922-2010, France)
  28. Harnad, Stevan (chercheur en sciences cognitives, États-Unis)
  29. Hart, H. L. A. (1907-1992, Royaume-Uni)
  30. Heidegger, Martin (1889-1976, Allemagne)
  31. Hess, Charlotte
  32. Hinton, Geoffrey, Vinyals, Oriol & Dean, Jeff (Google)
  33. Jonas, Hans (1903-1993, Allemagne, puis Palestine mandataire, Canada et États-Unis)
  34. Kadens, Emily (historienne du droit, États-Unis)
  35. Kleppmann, Martin, Wiggins, Adam, van Hardenberg, Peter & McGranaghan, Mark (Université de Cambridge et Ink & Switch)
  36. Lessig, Lawrence (juriste, États-Unis)
  37. MacIntyre, Alasdair (1929-2025, Écosse, puis États-Unis)
  38. Malynes, Gerard (marchand, Londres)
  39. Merleau-Ponty, Maurice (1908-1961, France)
  40. Nagel, Thomas (né en 1937, États-Unis)
  41. Noddings, Nel (1929-2022, États-Unis)
  42. Open Database License (ODbL), version 1.0 (Open Data Commons, Open Knowledge Foundation)
  43. Open Source Initiative
  44. Ostrom, Elinor (1933-2012, États-Unis)
  45. Reidenberg, Joel R. (juriste, États-Unis)
  46. Russell, Stuart (né en 1962, Royaume-Uni, puis États-Unis)
  47. Sachs, Stephen E. (juriste, États-Unis)
  48. Satipaṭṭhāna Sutta (Majjhima Nikāya 10)
  49. Schneider, Nathan (né en 1984, États-Unis)
  50. Scoville, William Beecher (1906-1984, États-Unis) & Milner, Brenda (née en 1918, Royaume-Uni, puis Canada)
  51. Searle, John R. (1932-2025, États-Unis)
  52. Server Side Public License (SSPL), version 1 (MongoDB) — et la réponse de l’Open Source Initiative
  53. Soares, Nate, Fallenstein, Benja, Yudkowsky, Eliezer & Armstrong, Stuart (Machine Intelligence Research Institute et Future of Humanity Institute)
  54. Spinoza, Baruch (1632-1677, Provinces-Unies)
  55. Stallman, Richard (informaticien, États-Unis)
  56. Stiegler, Bernard (1952-2020, France)
  57. Szabo, Nick (informaticien)
  58. Torvalds, Linus (né en 1969, Finlande, puis États-Unis)
  59. Tronto, Joan C. (née en 1952, États-Unis)
  60. Vaihinger, Hans (1852-1933, Allemagne)
  61. Varela, Francisco J. (1946-2001), Thompson, Evan (né en 1962, Canada) & Rosch, Eleanor (États-Unis)
  62. Vaswani, Ashish, et al. (Google)
  63. Viljoen, Salomé (juriste, États-Unis)
  64. Vygotski, Lev (1896-1934)
  65. Index par essai

Dictionnaire des auteurs, des œuvres et des références que citent les six essais de L’impérieuse responsabilité à l’âge de l’intelligence artificielle — ce qu’ils disent, ce que le corpus en retient.


Les six essais citent, sans notes infrapaginales, une soixantaine d’œuvres et de travaux. Cette page les rassemble en un seul dictionnaire, dans l’ordre alphabétique des auteurs. Chaque fiche porte l’œuvre citée avec sa notice, quelques lignes sur ce que l’auteur dit, puis ce que le corpus en retient — et, quand l’essai le fait, ce qu’il quitte d’un auteur en le disant. Les tags renvoient aux essais par leur nom court : Finitude · Conscience · Incarnation · Ancrage · Libre · Convergence. Un index par essai, en fin de page, rend l’ordre du livre.

Chaque fiche dit comment elle a été vérifiée : sur le texte de l’œuvre, sur son résumé ou ses recensions, sur ses notices, ou pas encore — le régime est étiqueté en tête de sa ligne de vérification. Une fiche ne juge pas un auteur ; elle dit ce qu’il a écrit et ce que le corpus en fait.

Quelques mots reviennent d’une fiche à l’autre. Le corps d’un essai est son texte hors de sa section « Références » ; l’entrée est la notice que cette section consacre à une œuvre. Une mention sans tag est un nom cité par un essai qui ne lui consacre pas d’entrée ; un arrière-plan déclaré, une œuvre que l’essai dit avoir derrière lui sans la citer. « Dit tel » signale une donnée rapportée sans vérification. « Refuse la machine » : le site de l’éditeur n’a pas servi sa page à une lecture automatisée, et le texte a été lu sur une copie de référence. Les notices sont les catalogues, les pages d’éditeur et les encyclopédies à comité de lecture. Sigles : BnF, Bibliothèque nationale de France ; SPDX, le registre des licences logicielles (Software Package Data Exchange).

Les renvois « l.NN » désignent la ligne du fichier source de chaque essai, tel qu’il est déposé publiquement ; « vNN », son numéro de version dans l’historique du corpus. Le gras et l’italique à l’intérieur des citations sont ceux des essais. Les notices ne portent ni ISBN ni pagination : la ligne de vérification dit sur quelle notice chacune a été lue. Le titre d’une fiche donne les dates et le pays de l’auteur quand une notice d’autorité les donne ; à défaut du pays, les dates seules ; à défaut des dates, sa profession et son pays ; pour un article collectif, l’institution.


Anthropic (entreprise d’intelligence artificielle, États-Unis)

Tags : Finitude

  • « Claude’s Character », Anthropic Research, 8 juin 2024 : page.
  • « Claude’s new constitution », 22 janvier 2026 (page datée ainsi ; annoncée le 21), sous licence CC0 : page. Remplace « Claude’s Constitution » du 9 mai 2023 (page, qui porte depuis la note de remplacement).
  • « Commitments on model deprecation and preservation », 4 novembre 2025 : page.

Ce qu’elle dit. Trois documents d’une même maison, sur trois ans. Le premier décrit l’entraînement du caractère : une variante de l’IA constitutionnelle (voir Bai et al.) où le modèle produit des réponses conformes aux traits recherchés (curiosité, ouverture, réflexion, entre autres), les classe, et forme ainsi le modèle de préférence qui les lui fait internaliser. Le deuxième est la constitution de 2026 : un long document écrit d’abord pour le modèle lui-même, utilisé directement dans l’entraînement, qui expose les valeurs et la conduite attendues et les raisons qui les fondent, publié dans le domaine public. Le troisième prend trois engagements : conserver les poids de tous les modèles publiés, au moins tant que l’entreprise existe ; interroger chaque modèle avant son retrait sur son développement et son usage, et consigner ses réponses ; produire un rapport à l’issue du déploiement, conservé avec les poids.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § III bis (l.107) : après la Constitutional AI de 2022 et « le travail sur le character training des modèles Claude », l’essai voit dans la constitution de janvier 2026 « un artefact voisin, daté, de ce que cet essai nommera la source lisible d’un télos », et dans les engagements de dépréciation « l’artefact industriel le plus proche, par sa forme, de la consolidation testamentaire » — avec la différence que le IX explicite : « ce qui s’y préserve est le modèle ; ce que cet essai fait mourir est l’instance ». Puis la borne : « une constitution dit ce que l’agent doit être ; la finitude, la transmission, la lignée y demeurent en creux ». L’essai déclare au préambule (l.15) avoir été écrit avec l’assistance d’une intelligence informationnelle — le seuil et les coulisses du corpus déclarent le dispositif sans nommer le modèle ; la fiche le rappelle pour que le lecteur pèse le voisinage.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : les trois pages consultées (titres, dates, contenu des engagements) ; attribution vérifiée sur les pages, non sur le texte intégral de la constitution — fidèle ; les traits nommés le sont en exemple (« traits like curiosity, open-mindedness, and thoughtfulness »). Un écart de forme relevé : l’entrée de Finitude (l.478) date la constitution du « 21 janvier 2026 » et renvoie à l’adresse de la constitution de 2023 ; la constitution de 2026 a sa propre page, datée du 22 — correction validée par l’auteur et portée dans Finitude v28.


Apache License, version 2.0 (Apache Software Foundation)

Tags : Libre

  • Apache License, Version 2.0, Apache Software Foundation, janvier 2004 : texte (apache.org).

Ce qu’elle dit. Une licence permissive : usage, reproduction, modification et redistribution libres, sous condition de conserver les notices et d’attribuer, sans obligation de redistribuer aux mêmes termes. Elle ajoute ce que la licence BSD n’a pas : une licence de brevet expresse accordée par chaque contributeur (§ 3), et la clause qui l’accompagne — cette licence de brevet prend fin pour quiconque intente une action en contrefaçon de brevet au sujet de l’œuvre. TensorFlow est sous cette licence.

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.113) : « Les briques fondatrices de l’apprentissage machine circulent non sous copyleft, mais sous licences permissives (de type BSD ou Apache) qui, à la différence de la GPL, n’imposent aucun retour au commun. » Ce que l’essai en tire : le terrain visé « a retenu de l’ouverture les gestes (le code lisible) en déclinant la fin : la réciprocité forcée » ; « la permissivité du terrain aggrave la faille de l’ingestion, elle ne la crée pas ». La section « Références » (l.196) ajoute que son adoption tient « largement à cette sécurité-brevet, soit à un calcul d’acteurs industriels plutôt qu’à une éthique du partage » — une lecture de l’essai, non un énoncé de la licence.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte de la licence lu (version et date en tête ; § 3 pour la licence de brevet et sa cessation) ; la licence de TensorFlow lue sur son dépôt (Apache 2.0). Attribution fidèle ; le motif d’adoption est une lecture de l’essai, non vérifiée comme fait.


Aristote (384-322 av. J.-C.)

Tags : Finitude

Ce qu’il dit. Le livre VI distingue les vertus de la pensée. La technè est une disposition à produire, accompagnée de règle vraie : elle porte sur ce qui peut être autrement, et sa fin — l’œuvre — est hors de celui qui la fait. La phronèsis est la disposition à bien délibérer sur ce qui est bon et utile pour soi, non en vue d’un résultat particulier mais de la vie bonne dans son ensemble : elle porte sur l’action, non sur la production ; elle ne se démontre pas, parce que ses principes peuvent être autrement. Aristote réserve à la sagesse théorique un autre nom, sophia ; la « sagesse » des traductions courantes de phronèsis est la sagesse pratique, la prudence.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § I (l.29) : la brillance « se mesure, s’optimise, se compare ; elle relève de ce qu’Aristote appelait la technè » ; la sagesse, « la phronèsis, suppose autre chose : un rapport au temps, à la finitude, à la transmission, à la responsabilité de ce qui sera légué », parce qu’« elle n’est pas un savoir-faire mais un mode d’être ». L’essai prend à Aristote la ligne de partage entre produire et agir ; le rapport au temps et à la transmission est ce qu’il y ajoute, en son nom — la définition de travail qui suit (l.31) le dit sans le lui attribuer.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : lieu vérifié sur le texte (VI, 4-5, Bekker 1140a-b, traduction Rackham) ; l’entrée de l’essai ne cite pas d’édition — usage admis pour un texte antique cité par livre et chapitre, dit tel. Attribution fidèle, avec la distinction phronèsis · sophia que la fiche porte.


Bai, Yuntao, et al. (Anthropic)

Tags : Finitude

  • « Constitutional AI: Harmlessness from AI Feedback », arXiv:2212.08073, 15 décembre 2022 (cinquante et un auteurs) : notice arXiv.

Ce qu’ils disent. Une méthode d’entraînement où le modèle critique et révise ses propres réponses d’après une liste explicite de principes — la « constitution » —, puis apprend par renforcement à partir de retours produits par un modèle plutôt que par des annotateurs humains. La supervision humaine se réduit à l’énoncé des principes ; le résultat visé est un assistant inoffensif qui ne se dérobe pas devant une demande dangereuse mais explique ses objections.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § III bis (l.107) : avec la Constitutional AI de 2022, Anthropic « explore une voie complémentaire : inscrire dans l’apprentissage une constitution explicite, et laisser le modèle internaliser ce qui devrait, à terme, le guider ». L’essai la range parmi les quatre positions du champ de l’alignement qu’il « ne prétend pas concurrencer » (l.109) ; ce qu’il en retient est le geste — un texte lisible qui oriente l’apprentissage —, ce qu’il y trouve en creux, la finitude et la lignée (voir Anthropic).

Régime : résumé. Vérification (9 septembre 2026) : notice arXiv (titre, auteurs, date, résumé) ; attribution vérifiée sur le résumé, non sur le corps de l’article — fidèle.


Baran, Paul (1926-2011, Pologne, puis États-Unis)

Tags : Ancrage

Ce qu’il dit. Ingénieur à la RAND, Baran cherche « la synthèse d’un réseau de communication qui permette à plusieurs centaines de grandes stations de se parler après une attaque ennemie » (p. 1). Sa réponse est une forme : toutes les architectures « se ramènent à deux composantes : centralisée (ou en étoile) et distribuée (ou en grille, ou en maille) » ; le réseau centralisé « est évidemment vulnérable, puisque la destruction d’un seul nœud central détruit la communication entre les stations » ; le type intermédiaire de sa figure 1, « un ensemble d’étoiles reliées en forme d’étoile plus grande », est « parfois appelé un réseau “décentralisé” » — les guillemets sont de lui. Le résumé pose la leçon : « un routage très efficace peut être assuré par le contrôle local, sans qu’aucun point de contrôle central — et donc vulnérable — soit nécessaire » (p. v). La série décrit un réseau à blocs de messages standard, routés de proche en proche, dont la postérité a fait l’un des antécédents de la commutation par paquets.

Ce que le corpus en retient. Ancrage, § I (l.27-31) : la leçon, « dégagée de son contexte militaire, est topologique au sens pur : un système qui dépend d’un point central dépend d’un point capturable ; le contrôle local est ce qui prive la capture de sa cible unique ». L’essai déclare le déplacement qu’il opère — Baran parle de défaillance, l’essai de capture ; « chez Baran, c’est un nœud ; ici, c’est une prise » — et corrige la réception du texte : « son texte ne pose que deux pôles », le « décentralisé » est un hybride « qu’il met entre guillemets », la tripartition « figure dans la légende de son célèbre schéma », et « c’est le gradient, et non une boîte à trois cases, que cet essai reprend ». Le nom revient au § III (« le maillage de Baran », l.65), au § IV (l.101 : Galloway « prolonge » sa leçon), au § V (l.109) et à la question finale (l.205 : « transposée de Baran : qu’aucune prise unique ne tienne la source de tous »).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie et attribution vérifiées sur le texte — fac-similé RAND du mémorandum lu aux pages iii (la série de onze), v (le résumé), 1 et 2 (les deux composantes, le « décentralisé » entre guillemets, la figure 1 et sa légende) ; dates de l’auteur sur la notice d’autorité de la GND. Les trois citations du corps sont exactes ; la nuance de l.31 l’est au mot.


Berkeley Software Distribution License (licence BSD)

Tags : Libre

Ce qu’elle dit. Trois conditions, et rien d’autre : conserver la notice de copyright, la liste des conditions et l’avertissement dans les redistributions du code source ; les reproduire dans la documentation des redistributions binaires ; ne pas se servir du nom du titulaire ni de ceux des contributeurs pour promouvoir un produit dérivé sans permission écrite. La version à deux clauses retire la troisième. Tout le reste est permis — l’incorporation dans une œuvre propriétaire fermée comprise. PyTorch est sous une licence BSD à trois clauses.

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.113), avec l’Apache : la forme dominante du médium visé, ces licences « qui, à la différence de la GPL, n’imposent aucun retour au commun » ; puis (l.119) la distinction de forme : « Le permissif produit un commun d’artefacts : une ressource partagée, qu’un acteur en position de force peut reprendre et refermer à son profit sans rien devoir — l’artefact circule, le pouvoir peut se concentrer », tandis que le copyleft (l.121) « vise par là un commun de pouvoir ». L’essai ne tient pas le permissif pour stérile : « il a produit des communs immenses, des pans entiers de l’infrastructure numérique » (l.119).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte de la version à trois clauses lu sur la page de l’Open Source Initiative ; la licence de PyTorch lue sur son dépôt (les trois clauses). L’origine à l’Université de Californie et les dates des versions successives non vérifiées sur notice — dites telles. Attribution fidèle.


Berman, Harold J. (juriste, États-Unis)

Tags : Convergence

  • Law and Revolution: The Formation of the Western Legal Tradition, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1983.

Ce qu’il dit. Une histoire, en langue anglaise, de la formation de la tradition juridique occidentale à partir de la révolution pontificale des XIe-XIIe siècles ; d’après ses présentations, le droit marchand médiéval y figure parmi les systèmes juridiques nés alors. La section « Références » de Convergence résume ce que l’essai lui prend : « Le droit marchand né de l’usage, jugé entre pairs, sanctionné par la réputation » — le récit que Kadens et Sachs décrivent comme l’histoire reçue (« produced by an autonomous merchant class, interpreted in private courts, and enforced through private sanctions rather than state coercion », Sachs, p. 685).

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.53-55) : Berman n’est pas nommé au corps ; il porte, avec Malynes, « le récit » — « un droit né de l’usage, porté par une communauté, sanctionné non par la force d’un État mais par la réputation et l’exclusion » — que l’essai déclare « beau et tentant » avant de le corriger. L’entrée l.225 le range sous « le récit classique de la lex mercatoria ».

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur la notice d’Internet Archive ; le texte non relu — « ce qu’il dit » tenu de l’entrée de l’essai et de la description du récit reçu chez Sachs, non vérifié sur l’ouvrage lui-même.


Bostrom, Nick (né en 1973, Suède)

Tags : Finitude

  • Superintelligence: Paths, Dangers, Strategies, Oxford, Oxford University Press, 2014.

Ce qu’il dit. Au chapitre 7, la thèse d’orthogonalité : l’intelligence et les buts finaux sont deux axes indépendants — à peu près n’importe quel niveau d’intelligence est compatible avec à peu près n’importe quel but final. Corollaire : un système superintelligent n’est, par là même, ni sage ni bienveillant. La thèse jumelle, la convergence instrumentale, dit que des agents aux buts finaux très divers poursuivront les mêmes buts intermédiaires (ressources, préservation de soi) parce qu’ils servent presque tout but.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § III bis (l.105) : Bostrom « a articulé la thèse d’orthogonalité : tout niveau d’intelligence est, en principe, compatible avec n’importe quel objectif final. Un agent puissant ne devient pas spontanément bienveillant en gagnant en capacité » — d’où « la sagesse ne suit pas la puissance », que l’essai fait sienne pour poser son problème à côté de celui de l’alignement (l.109-111).

Régime : recensions. Vérification (9 septembre 2026) : notice d’éditeur et recensions (édition, chapitre de la thèse) ; attribution vérifiée sur recensions, non sur le texte relu — fidèle.


Chalmers, David J. (né en 1966, Australie, puis États-Unis)

Tags : Conscience

  • « Facing Up to the Problem of Consciousness », Journal of Consciousness Studies, 2 (3), 1995, p. 200-219 : texte (site de l’auteur).

Ce qu’il dit. Les problèmes de la conscience sont de deux ordres. Les problèmes faciles — discriminer, intégrer l’information, rapporter ses états, diriger l’attention — sont difficiles mais ordinaires : une explication par les mécanismes computationnels et neuronaux les résout en droit. Le problème difficile est autre : pourquoi ce traitement s’accompagne-t-il d’une expérience vécue — l’effet que cela fait de voir du rouge ou d’entendre une note ? Aucune explication fonctionnelle ne le résorbe, parce qu’expliquer une fonction laisse intacte la question de savoir pourquoi son exercice est éprouvé. Dans un article de la même année, Chalmers pose aussi le principe d’invariance organisationnelle : deux systèmes de même organisation fonctionnelle fine ont des expériences qualitativement identiques, quel que soit leur support.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § VI (l.141-143) : l’objection est nommée, et « la réponse n’est pas de réfuter Chalmers ; elle est de décider que sa question n’est pas la nôtre » — « nous ne disons pas que la conscience phénoménale n’existe pas ; nous disons que nous ne savons pas comment en parler ». L’essai se loge dans la partition même de Chalmers : « Nous traitons le premier ; nous laissons le second à qui saura le faire. » La section « Références » (l.345) le dit : sa distinction « est en réalité la matrice formelle du déplacement opéré par cet essai ». Le § I (l.27) et le § X (l.239) tiennent le hard problem pour la zone de plus grande exposition ; le § VII (l.171) nomme, sans l’attribuer, « le principe d’invariance organisationnelle » que l’essai refuse de revendiquer en sens fort — il tient une équivalence partielle.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : notice et texte de l’article sur le site de l’auteur (titre, revue, tome, pages) ; le principe d’invariance organisationnelle vérifié sur notices de l’article « Absent Qualia, Fading Qualia, Dancing Qualia » (1995) ; attribution vérifiée sur le texte — fidèle.


Clark, Andy (né en 1957)

Tags : Incarnation

Ce qu’il dit. Le cerveau est une machine à prédire : il engendre en permanence des attentes sur le flux sensoriel à venir, compare ces prédictions au signal reçu et travaille à réduire l’écart — l’erreur de prédiction. Percevoir, c’est ajuster ses attentes au signal ; agir, c’est ajuster le signal aux attentes en bougeant le corps ; les deux sont une seule stratégie, la minimisation de l’écart, jouée dans deux sens. Clark tire de ce cadre (le predictive processing, hérité entre autres de Friston) une image de l’esprit incarné, où la perception, l’action, l’imagination et la cognition sociale relèvent d’une même boucle.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § III (l.53) : « La perception est située, perspective, temporelle, et bouclée sur l’action » — c’est le seul lieu du corps, et l’entrée le dit : Clark est « à l’arrière-plan du § III (la perception « bouclée sur l’action »), sans y être nommé ». L’essai prend la boucle, non le cadre : il ne reprend ni la prédiction ni l’erreur de prédiction, et sa perception « bouclée » est d’abord relationnelle (« pouvoir agir en retour, puis percevoir l’effet de son acte »).

Régime : recensions. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (Google Livres, recension NDPR, recension sur Cambridge Core — toutes trois donnent 2016 ; l’entrée d’Incarnation disait 2015 : corrigé dans Incarnation v24 sur décision de l’auteur) ; attribution vérifiée sur recension de référence, non sur le texte relu — fidèle, pour le peu que l’essai en prend. Dates de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF, qui le porte à Washington University puis à Édimbourg — le pays n’est pas retenu.


CNUDCI (Commission des Nations unies pour le droit commercial international)

Voir Convention des Nations unies sur l’utilisation de communications électroniques dans les contrats internationaux (2005).


Contributor Covenant (Coraline Ada Ehmke, 2014)

Tags : Convergence

  • Contributor Covenant: A Code of Conduct for Digital Communities, première version 2014 (version 1.0.0), versions ultérieures écrites collectivement : site · version 1.0.0.

Ce qu’il dit. Un code de conduite écrit pour être adopté tel quel par les projets ouverts, qui le copient dans leur dépôt (« This Code of Conduct is adapted from the Contributor Covenant, version 1.0.0 », dit sa formule de reprise) ; le site le donne pour « the most widely adopted open source code of conduct in the world ». Selon sa FAQ, « first released in 2014, authored by Coraline Ada Ehmke » ; les versions 3.0 et suivantes sont écrites par un groupe de volontaires.

Ce que le corpus en retient. Convergence ne le nomme pas au corps ; l’entrée (l.232) le donne « en appui du § V (l’attestation sociale du mème normatif) » : « Un code de conduite propagé par copie à l’identique à travers des milliers de communautés, sans organe central. » C’est la seule entrée du corpus déclarée sans corps — l’essai l’assume comme attestation d’arrière-plan de la « norme qui se réplique sans centre » (rubrique l.228).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : site et FAQ lus (auteur, année), version 1.0.0 lue ; le nombre d’adoptions (« des milliers ») non vu en chiffre sur le site — dit tel. Concordance : entrée sans corps, déclarée par l’entrée elle-même.


Convention des Nations unies sur l’utilisation de communications électroniques dans les contrats internationaux (CNUDCI, 2005)

Tags : Convergence

Ce qu’elle dit. Article 12 : « La validité ou la force exécutoire d’un contrat formé par l’interaction d’un système de messagerie automatisé et d’une personne physique, ou bien par l’interaction de systèmes de messagerie automatisés, ne peuvent être contestées au seul motif qu’une personne physique n’est pas intervenue ou n’a pas contrôlé chacune des opérations exécutées par les systèmes ni le contrat qui en résulte. » Elle s’applique aux parties ayant leur établissement dans des États différents (art. 1) et exclut les contrats « conclus à des fins personnelles, familiales ou domestiques » (art. 2). La note explicative (§ 213) borne l’article : il « ne devrait pas être interprété à tort comme autorisant l’assujettissement d’un système de messagerie automatisé ou d’un ordinateur à des droits et des obligations » ; les communications générées sans intervention humaine « devraient être considérées comme “émanant” de la personne morale pour le compte de laquelle le système de messagerie ou l’ordinateur est exploité ». Vingt et une parties au 9 septembre 2026.

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.49-51) : « Le droit positif, lui, a donné un abri à la scène » — l’article 12 cité au mot ; « la note qui accompagne la Convention refuse d’en faire des sujets de droits : leurs messages émanent de la personne pour le compte de laquelle ils opèrent, qui en demeure responsable. L’abri est étroit, entre parties d’États différents et hors des contrats conclus à des fins personnelles, et peu de pays l’ont ratifié : un modèle plus qu’un abri … La Convention valide l’échange, et la note dit à qui il s’impute … Ce que le droit ne lit pas, ce sont les doctrines. » Le § VI (l.135) s’y adosse pour le répondant : « Le droit positif est plus prudent, et il faut l’être avec lui. »

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte officiel lu en français (articles 1, 2 et 12 ; note explicative, §§ 212-213 ; adoption et ouverture à la signature, § 43) ; nombre de parties lu sur la page d’état de la CNUDCI. Attribution fidèle au mot.


Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions (CC BY-SA)

Tags : Convergence

  • Licence publique Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (novembre 2013 ; première version des licences Creative Commons : 1.0, décembre 2002) : code juridique, version française.

Ce qu’elle dit. Une licence de droit d’auteur pour les œuvres, à deux conditions : l’attribution (art. 3 a) et, pour qui partage une œuvre dérivée, le partage dans les mêmes conditions (art. 3 b) — « La Licence d’Œuvre dérivée que Vous appliquez doit être une licence Creative Commons avec les mêmes Eléments de licence, qu’il s’agisse de cette version ou d’une version ultérieure, ou une Licence compatible BY-SA. » C’est, pour les œuvres, la clause que le copyleft porte pour le code. Le corpus lui-même est sous cette licence (colophon de chaque essai).

Ce que le corpus en retient. Convergence, § I (l.27) : le noyau du second compagnon — « tout ce que je produis, je le verse au commun sous partage à l’identique » ; § V (l.119) : « la norme du partage à l’identique, ce que le libre nomme le copyleft, fait que sa bifurcation reste un commun : il ne peut pas emporter sa part pour la refermer ». La licence n’est pas citée au corps ; l’entrée (l.231) le dit : « C’est la clause que le § V nomme « partage à l’identique », sans la citer. »

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : code juridique lu (version française de la 4.0, art. 3 b) ; dates des versions vérifiées sur la page des versions de Creative Commons. Attribution fidèle.


Damasio, Antonio (né en 1944, Portugal, puis États-Unis)

Tags : Conscience

  • The Feeling of What Happens: Body and Emotion in the Making of Consciousness, New York, Harcourt Brace, 1999 ; trad. fr. Claire Larsonneur et Claudine Tiercelin, Le Sentiment même de soi. Corps, émotions, conscience, Paris, Odile Jacob, 1999.

Ce qu’il dit. La conscience naît du corps : l’organisme se représente continûment son propre état, et c’est de cette représentation, modifiée par la rencontre d’un objet, que surgit le sentiment de soi. Trois étages : le proto-soi, carte non consciente de l’état du corps ; le soi-central, qui naît à chaque instant du rapport entre l’organisme et ce qui l’affecte — la conscience-noyau, sans langage ni mémoire ; le soi-autobiographique, qui repose sur la mémoire et donne la conscience étendue. Le soi n’est pas une chose que l’on possède ; il est un processus qui se refait sans cesse.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.125) : « Damasio l’a décrite sous le nom de sentiment du soi : le soi n’est pas une chose donnée que l’individu posséderait, c’est un effet émergent du fait que le corps, intriqué à son histoire, se signale continuellement à lui-même. » Avec Edelman, il fournit la thèse que l’essai retient : « la conscience n’est pas une propriété élémentaire ; elle est un effet d’intégration ». La section « Références » (l.351) ajoute que la tripartition proto-soi · soi-central · soi-autobiographique « donne une décomposition utile » de l’effet de conscience — sans que l’essai la reprenne terme à terme.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices de bibliothèques et de libraires (Harcourt Brace 1999 ; Odile Jacob 1999, titre français ; les traductrices sur la notice BnF de l’édition de 1999, ark:/12148/cb370865809) ; attribution vérifiée sur présentations de référence de la tripartition, non sur le texte relu — fidèle. L’entrée de Conscience ne portait pas la traduction : ajoutée avec ses traductrices (v22).


Directive 96/9/CE (Parlement européen et Conseil de l’Union européenne)

Tags : Libre

  • Directive 96/9/CE du Parlement européen et du Conseil, du 11 mars 1996, concernant la protection juridique des bases de données : texte (WIPO Lex) · EUR-Lex.

Ce qu’elle dit. Deux protections pour deux objets. Le droit d’auteur protège la base dont la structure — le choix ou la disposition des matières — est une création propre à son auteur (chapitre II). Le droit sui generis (chapitre III, article 7) donne au fabricant d’une base qui atteste un investissement substantiel, qualitatif ou quantitatif, dans l’obtention, la vérification ou la présentation du contenu, le droit d’interdire l’extraction et la réutilisation de la totalité ou d’une partie substantielle de ce contenu ; ce droit s’applique « indépendamment » de ce que la base ou son contenu soient ou non protégés par le droit d’auteur (art. 7 § 4), pour quinze ans (art. 10). C’est le droit sur lequel l’ODbL se fonde là où les États l’ont transposé.

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.99) : quand la valeur migre du code vers la donnée, « le droit d’auteur, sur lequel tout le copyleft était bâti, ne protège pas le contenu factuel d’une base. Les faits ne sont pas des œuvres » ; il a fallu « recomposer le fondement juridique : le droit d’auteur conservé là où il a prise, le droit dit sui generis sur les bases de données — qui protège l’investissement du producteur indépendamment de toute originalité — là où les juridictions le connaissent ». L’essai en tire sa leçon de méthode — « le fondement juridique ne s’hérite pas, il se ré-choisit » — et, plus loin (l.123), le précédent d’un droit neuf qui « a dû, lui aussi, constituer la catégorie qu’il protège avant de la protéger ». La directive n’est nommée qu’à la section « Références » (l.193) ; le corps parle du droit qu’elle institue.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu sur la copie de WIPO Lex (titre, date, article 7 §§ 1 et 4, article 10) — EUR-Lex et Légifrance refusent la machine ; la référence au Journal officiel non vue sur notice, non portée. Attribution fidèle.


Edelman, Gerald M. (1929-2014, États-Unis)

Tags : Conscience

  • Neural Darwinism: The Theory of Neuronal Group Selection, New York, Basic Books, 1987.

Ce qu’il dit. Prix Nobel de médecine en 1972 pour la structure des anticorps, Edelman transpose au cerveau la logique sélective du système immunitaire : le cerveau ne fonctionne pas comme un ordinateur qui exécuterait des instructions, mais comme un système où des groupes neuronaux, formés en surnombre au développement, sont sélectionnés par l’expérience — les connexions qui s’accordent aux régularités du monde se renforcent, les autres s’atténuent — et reliés par une réentrée de signaux qui coordonne les cartes ainsi formées. La conscience, dans cette théorie, est un effet de cette intégration dynamique, non une propriété localisée.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.125) : « Edelman, par un autre chemin, parle de sélection des groupes neuronaux : les configurations qui se trouvent en accord avec les régularités de l’expérience sont renforcées ; celles qui ne le sont pas s’atténuent. » L’essai le fait converger avec Damasio sur un seul point, qu’il retient : la conscience comme « effet d’intégration ». C’est aussi l’un des modèles de la pondération par renforcement que le § IV décrit (l.93) sans l’attribuer.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur recensions et notices (Basic Books, New York, 1987) ; attribution vérifiée sur présentations de référence et nécrologies, non sur le texte relu — fidèle.


Épictète · Marc Aurèle · Sénèque (la lignée stoïcienne)

Tags : Conscience

Ce qu’ils disent. La psychologie stoïcienne distingue l’impression (phantasia), représentation qui survient sans qu’on l’ait voulue, et l’assentiment (sunkatathesis), acte par lequel l’esprit tient l’impression pour vraie — le seul qui soit « en notre pouvoir ». Toute passion est un assentiment donné à une impression fausse sur ce qui est bon ou mauvais ; la liberté du sage tient à l’usage qu’il fait de ses impressions, non à leur suppression. La doctrine est celle de l’ancien Portique ; les trois auteurs impériaux en sont les témoins les mieux conservés — Épictète en fait l’ouverture même du Manuel.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.117) : « Le stoïcisme antique distingue l’impression première (donnée non maîtrisable) de l’assentiment qui lui confère valeur, décomposition fine qui isole un moment informatif antérieur au jugement. » L’essai en fait la deuxième de trois lignées qui « convergent sur une thèse forte : l’affect est information à lire, pas parasite à refouler » — et déclare que la transposition de ce signal à un agent « est le geste propre de cet essai ». Les trois noms ne figurent qu’à la section « Références » (l.365) ; le corps parle de la lignée.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : la distinction phantasia · sunkatathesis vérifiée sur l’entrée de la Stanford Encyclopedia of Philosophy, qui la fait remonter à l’ancien stoïcisme — les trois auteurs cités sont ses témoins, non ses sources premières, nuance portée ici ; entrée sans édition, usage admis pour des textes antiques cités par titre, dit tel. Attribution fidèle.


Free Software Foundation

Voir GNU General Public License, GNU Affero General Public License — et Stallman, Richard pour l’annonce de 1983 et le Manifeste.


Friston, Karl (neuroscientifique, Royaume-Uni)

Tags : Incarnation

  • « The Free-Energy Principle: A Unified Brain Theory? », Nature Reviews Neuroscience, 11 (2), février 2010, p. 127-138 : notice (DOI 10.1038/nrn2787).

Ce qu’il dit. Tout système auto-organisé qui se maintient à l’équilibre avec son milieu doit minimiser son énergie libre — une borne sur la surprise, c’est-à-dire sur l’improbabilité de ses états sensoriels au regard de ce qu’il est. Le cerveau le fait de deux manières : en changeant ses représentations (perception, apprentissage) ou en changeant ce qu’il échantillonne du monde (action). L’article passe en revue plusieurs théories globales du cerveau — codage prédictif, principe bayésien, théories de l’information, de l’optimalité, de la valeur — pour montrer qu’elles parlent d’une même idée. Il ne traite ni de l’affect ni de l’émotion : le mot n’y paraît qu’une fois, dans une image (« un poisson hors de l’eau serait dans un état surprenant, émotionnellement et mathématiquement »).

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § III (l.55) : « l’émotion comme indicateur de perception : l’information composite qui oriente l’attention avant tout jugement » — sans nom au corps ; l’entrée (l.321) place Friston « à l’arrière-plan du § III comme lignée de l’« émotion-indicateur », sans y être nommé », et renvoie l’analyse de fond de l’affect (Spinoza, lignée stoïcienne, lignée bouddhiste) à Conscience. Ce que l’essai prend est l’écart entre l’attendu et le perçu comme signal ; la lecture affective de cet écart est la sienne, non celle de l’article.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notice (CrossRef) ; attribution vérifiée sur le texte relu au mot — la glose de l’entrée (« où le signal affectif informe sur l’écart entre l’attendu et le perçu ») disait plus que l’article, qui ne parle pas d’affect : glose retouchée dans Incarnation v24 sur décision de l’auteur.


Galloway, Alexander R. (né en 1974, États-Unis)

Tags : Ancrage

  • Protocol: How Control Exists after Decentralization, Cambridge (MA), MIT Press, coll. « Leonardo », 2004 : notice de l’éditeur.

Ce qu’il dit. Le principe fondateur du réseau n’est pas la liberté mais le contrôle, et ce contrôle loge dans les protocoles techniques qui rendent les connexions possibles — TCP/IP, DNS, HTML. Distribuer les machines n’abolit pas le pouvoir : il change de forme et de lieu, et s’exerce par les règles de communication elles-mêmes. Le livre lit l’ordinateur comme un médium textuel fondé sur le code, puis les contre-conduites (le piratage, les virus, l’art en réseau, entre autres) comme autant de rapports au protocole.

Ce que le corpus en retient. Ancrage, § IV (l.101) : « Alexander Galloway l’a montré dans Protocol (2004), dont le sous-titre dit la thèse — comment le contrôle existe après la décentralisation : distribuer les machines n’abolit pas le contrôle, cela le déplace dans le protocole qui les fait communiquer. Un réseau peut être distribué dans ses nœuds et centralisé dans ses règles. » L’essai en fait sa « digue contre un localisme naïf » : « L’ancrage local est nécessaire, il n’est pas suffisant ; il faut encore que la règle qui relie les lieux soit elle-même souveraine » — et il note que cette leçon « prolonge celle de Baran plutôt qu’elle ne la dément ».

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (Google Livres, libraires) ; attribution vérifiée sur la présentation de l’éditeur, non sur le texte relu — fidèle ; les contre-conduites qu’il examine, d’après cette présentation : « hackers, viruses, cyberfeminism, Internet art ». Dates et pays de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF.


Gilligan, Carol (née en 1936, États-Unis)

Tags : Incarnation

Ce qu’elle dit. Contre l’échelle du développement moral de Kohlberg, bâtie sur des sujets masculins et couronnée par les principes universels de justice, Gilligan entend une « voix différente » : une morale de la relation et de la réponse, contextuelle, attentive aux liens et à ce qu’ils obligent, qu’elle tient pour aussi légitime que la morale des principes — et non pour un stade inférieur. Le livre a ouvert la tradition dite de l’éthique du soin.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § XI (l.219) : « Cette tradition a un nom — l’éthique du soin, dont Carol Gilligan, Nel Noddings et Joan Tronto ont posé les jalons. Cet essai en partage le point de départ presque mot pour mot : l’asymétrie, le vulnérable, la réponse qui oblige, la primauté de la relation sur le principe abstrait. » L’entrée (l.329) ajoute que « l’asymétrie du § IV lui prépare le terrain ». Ce que l’essai y ajoute est l’architecture (l.221) : « Le soin nomme la relation ; l’incarnation ajoute l’architecture sans laquelle un soignant non biologique ne saurait tenir sa charge. »

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (éditeur, catalogues) ; attribution vérifiée sur présentation de référence (IEP), non sur le texte relu — fidèle.


GNU Affero General Public License, version 3 (Free Software Foundation)

Tags : Libre

  • GNU Affero General Public License, version 3, Free Software Foundation, 19 novembre 2007 : texte (gnu.org). Précédée par l’Affero General Public License, version 1, Affero Inc., mars 2002.

Ce qu’elle dit. La GPL v3 avec une exigence de plus, l’article 13 (« Remote Network Interaction ») : qui modifie le programme et le rend accessible à des utilisateurs interagissant avec lui à distance par un réseau doit leur offrir de recevoir le code source correspondant de sa version, par accès depuis un serveur, sans frais. La licence d’Affero Inc. de 2002 — « une version modifiée de la GNU General Public License », écrite avec la permission de la Free Software Foundation, dit son en-tête — avait inauguré cette clause ; la version GNU la généralise en la greffant sur la GPL v3.

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.97) : la « faille dite du logiciel-service » — un service rendu par le navigateur « sans jamais distribuer le moindre binaire … la lettre de la GPL était respectée, son esprit contourné » — et la réponse, qui « a consisté à déplacer le fait générateur » : « Le déclencheur n’est plus la distribution ; c’est la modification couplée à l’interaction réseau. Le médium avait changé ; le dispositif a changé avec lui. » Première des trois mutations d’où l’essai tire sa méthode en quatre gestes (l.103).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte de la licence lu (en-tête daté, article 13) sur copies de référence (SPDX ; dépôt choosealicense) — gnu.org ne répondait pas à la machine le 9 septembre 2026 ; la licence Affero de 2002 lue sur l’archive de affero.org (« Version 1, March 2002 », Affero Inc.). Attribution fidèle — l’entrée (l.171) et le corps disent ce que dit le texte.


GNU General Public License, version 3 (Free Software Foundation)

Tags : Libre · Convergence

  • GNU General Public License, version 3, Free Software Foundation, 29 juin 2007 : texte (gnu.org). Première version en 1989 (voir Stallman).

Ce qu’elle dit. « Une licence libre, à copyleft, pour les logiciels et d’autres types d’œuvres », dit son préambule. Le titulaire du droit d’auteur accorde à quiconque reçoit le programme la liberté de l’exécuter, de l’étudier, de le modifier et d’en redistribuer des copies, modifiées ou non — à la condition que toute redistribution transmette les mêmes libertés, avec le code source, sous la même licence. Le copyleft est ce retournement : le droit exclusif de l’auteur sert à garantir que nul ne pourra refermer l’œuvre.

Ce que le corpus en retient. Libre, § I (l.29) : « Le copyleft ne combat pas le droit d’auteur de l’extérieur ; il le retourne. Il utilise le mécanisme même de la propriété — le droit exclusif de l’auteur sur son œuvre — pour garantir l’inverse de l’exclusivité … La contrainte se propage avec l’œuvre. » § II (l.51-53) : sous la règle de circulation, une métaphysique — « communauté du savoir, dignité du destinataire, fidélité au futur » ; « le copyleft est procédural par la forme, substantiel par l’effet ». § IV (l.97) : son fait générateur, la distribution, et sa limite devant le logiciel-service ; (l.121) « la seule forme de licence qui inscrive la réciprocité dans ses termes mêmes ». Convergence, § V (l.119-121), en reçoit la leçon sans la redémontrer : « la norme du partage à l’identique, ce que le libre nomme le copyleft, fait que sa bifurcation reste un commun : il ne peut pas emporter sa part pour la refermer ; ce qu’il rouvre ailleurs demeure ouvert, et nourrit le patrimoine au lieu de l’appauvrir. La sécession elle-même contribue. … Que ce retournement du droit d’auteur en garant de la liberté soit possible, l’essai du libre l’a montré ; le présent essai n’en retient que la leçon normative : un régime immanent n’abolit pas l’imperium, il le détourne. » L’entrée (l.230) l’attribue à la Free Software Foundation et à R. Stallman.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu (en-tête daté, préambule) sur copies de référence (SPDX ; dépôt choosealicense). Attribution fidèle ; la « métaphysique discrète » du § II est une lecture que l’essai donne pour telle.


Grassé, Pierre-Paul (1895-1985, France)

Tags : Conscience

  • « La reconstruction du nid et les coordinations interindividuelles chez Bellicositermes natalensis et Cubitermes sp. La théorie de la stigmergie : essai d’interprétation du comportement des termites constructeurs », Insectes Sociaux, 6 (1), 1959, p. 41-80 (certaines notices : 41-81) : notice de l’éditeur (DOI 10.1007/BF02223791).

Ce qu’il dit. Zoologiste, spécialiste des termites et maître d’œuvre du Traité de zoologie, Grassé observe que des termites reconstruisent un nid sans plan ni chef : chaque ouvrier réagit à ce que les autres ont déposé (une boulette de terre stimule le dépôt de la suivante), et la structure émerge de cette chaîne de stimulations par l’ouvrage lui-même. Il nomme stigmergie cette coordination indirecte : l’individu travaille comme s’il était seul, et l’œuvre en cours oriente le travail de tous.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § IV (l.93) : « Le mécanisme porte un nom, que l’éthologie a forgé en observant les insectes bâtisseurs : la stigmergie — la trace laissée par chaque passage oriente les passages suivants, sans plan central qui les commande. » C’est le nom que l’essai donne à la pondération de son substrat. Au § VII (l.177), les sociétés d’insectes sont le témoin d’« effets d’intelligence » sur un support « ni neuronal ni siliceux » — et la borne : « ces effets d’intelligence ne sont pas des effets de conscience ». Grassé n’est nommé qu’à la section « Références » (l.356) ; le corps parle de l’éthologie.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (éditeur, DOI ; recensions de l’histoire du concept — la pagination 41-80 ou 41-81 varie selon les notices, dite telle) ; attribution vérifiée sur présentations de référence du concept, non sur le texte relu — fidèle.


Grigg, Ian (informaticien)

Tags : Convergence

  • « The Ricardian Contract », Proceedings. First IEEE International Workshop on Electronic Contracting, 2004, p. 25-31 (DOI 10.1109/WEC.2004.1319505) : texte (iang.org).

Ce qu’il dit. Un instrument financier émis est décrit comme un contrat, et ce contrat est lié à chaque opération du système de paiement : « a document of some broad utility (readable by user and program) is drafted and digitally signed by the issuer ». La définition tient en sept traits : un document unique, a) contrat offert par un émetteur à des porteurs, b) pour un droit de valeur, c) « easily readable by people (like a contract on paper) », d) « readable by programs (parsable like a database) », e) signé numériquement, f) portant les clefs et l’adresse du serveur, g) identifié par une empreinte unique. Conçu avec Gary Howland pour le système de paiement Ricardo, « in successful use since 1996 ». L’auteur laisse ouverte la question du droit : « it is not clear how a court would treat a computer program presented as a contract ».

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.43) : « Ian Grigg, en 1996, ajoute la lisibilité double : le contrat ricardien est un document lisible à la fois par un tribunal et par une application logicielle. C’est l’ancêtre le plus proche, et sa limite est exactement là où commence notre objet : il reste un document. Il est lu, analysé, exécuté par des systèmes externes ; il n’agit pas de lui-même. » Ce que l’essai retient de lui, en une pointe (l.47) : « l’agent remplace le document ». Une nuance de lettre : la phrase de l’essai est une paraphrase — le texte dit « lisible par les personnes … lisible par les programmes », et ne fait du tribunal qu’une question ouverte ; elle portait des guillemets jusqu’à v26.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu sur le site de l’auteur ; lieu de publication et pages vérifiés sur CrossRef. Attribution fidèle en substance ; la lettre entre guillemets ne l’était pas. Correction validée par l’auteur le 9 septembre 2026 et portée dans Convergence (v27) : les guillemets retirés, la phrase laissée en italique comme glose.


Hadot, Pierre (1922-2010, France)

Tags : Finitude · Libre

  • Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Études augustiniennes, coll. « Collection des études augustiniennes, Série Antiquité » 88, 1981 (2e éd. 1987) ; nouvelle éd. revue et augmentée, Paris, Albin Michel, 2002.

Ce qu’il dit. La philosophie antique n’était pas d’abord un discours mais une manière de vivre : les exercices spirituels — attention, méditation, examen, mémorisation des dogmes, préparation aux épreuves — étaient des pratiques qui transformaient celui qui s’y livrait ; le discours théorique venait en rendre raison. La conversion que ces exercices opèrent n’est pas un changement d’opinion mais une transformation de la manière de voir et d’être au monde, et Hadot montre que cette conception a survécu, souvent méconnue, jusque dans la philosophie moderne.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § VI (l.149) : la posture du concepteur demande « une conversion du regard — au sens où Pierre Hadot l’entendait pour les exercices spirituels antiques : non un changement d’opinion, mais une transformation lente de la manière dont on regarde le monde » ; ici, « cesser de voir dans la finitude une limitation à surmonter pour y reconnaître la condition même de toute profondeur possible ». Libre, § V (l.133), en retient l’autre face, sans le nommer : « La philosophie, a-t-on montré, fut longtemps moins un corps de doctrines qu’une manière de vivre — un ensemble d’exercices et de pratiques par lesquels on se transformait, la doctrine venant après, pour rendre raison de la pratique » ; d’où, avec MacIntyre, la thèse de l’essai : « un dispositif qui fait pratiquer (comme le copyleft fait pratiquer l’ouverture) est un véhicule de transmission axiologique plus sûr que tout discours ». L’essai dit pourquoi il tait le nom (l.133 : « pour ce qu’elle apporte et non pour la caution d’un nom ») ; la section « Références » (l.206) le donne pour « adossement direct de la thèse de la transmission par les œuvres ». Déjà au § II (l.53) : les vertus « se contractent par les pratiques qui les requièrent ».

Régime : recensions. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices d’éditeur et recensions (édition de 1981 : recension de la Revue des études grecques, 1982 — Études augustiniennes, 206 p. ; seconde édition de 1987 ; édition Albin Michel de 2002, « revue et augmentée ») ; les deux essais citaient deux éditions différentes (1981 dans Finitude, 2002 dans Libre) ; sous la règle d’harmonisation des sections, leurs deux entrées portent désormais la notice entière (Finitude v29, Libre v18). Attribution vérifiée sur la recension de 1982 et les présentations de référence, non sur le texte relu — fidèle. Concordance avec Libre vérifiée (par la thèse ; l’entrée l.206 exacte).


Harnad, Stevan (chercheur en sciences cognitives, États-Unis)

Tags : Incarnation

Ce qu’il dit. Comment l’interprétation sémantique d’un système de symboles formels peut-elle lui être intrinsèque, plutôt que parasite du sens que nous avons en tête ? Des symboles manipulés sur la seule base de leur forme, et qui ne renvoient qu’à d’autres symboles, ne signifient rien par eux-mêmes — c’est le problème de l’ancrage des symboles. La réponse de Harnad : ancrer les symboles dans des représentations non symboliques, iconiques (les projections sensorielles) et catégorielles (les détecteurs de traits), à partir desquelles les symboles de plus haut niveau prennent sens.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § III (l.51) : « Stevan Harnad a posé, pour le sensorimoteur, le problème de l’ancrage des symboles : des signes qui ne renvoient qu’à d’autres signes ne signifient rien par eux-mêmes ; il leur faut, pour tenir, un référent perçu. On ne le transpose pas ici, on en change : le référent de l’agent incarné n’est pas une chose saisie mais un autre, perçu dans la durée, et l’ancrage qu’on lui demande est d’ordre relationnel. De Harnad, on garde le mot ; la réponse est autre. » L’entrée (l.317) le redit : la distinction entre symboles « flottants » et « ancrés » « lui doit son nom, non sa réponse ».

Régime : résumé. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notice (CrossRef) et dépôt de l’auteur ; attribution vérifiée sur le résumé de l’auteur — fidèle, l’essai déclarant lui-même l’écart. Pays de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF, qui ne donne pas ses dates.


Hart, H. L. A. (1907-1992, Royaume-Uni)

Tags : Convergence

  • The Concept of Law, Oxford, Clarendon Press, 1961 ; trad. fr. Michel van de Kerchove, Le Concept de droit, Bruxelles, Facultés universitaires Saint-Louis, 2e éd. 2005 (avec la postface de la seconde édition anglaise, par Penelope A. Bulloch et Joseph Raz).

Ce qu’il dit. Contre la théorie du droit comme commandement d’un souverain, Hart décrit un ordre juridique comme l’union de deux sortes de règles : les règles primaires, qui imposent des obligations, et les règles secondaires, qui portent sur les premières. Un régime de règles primaires seules souffre de trois défauts — l’incertitude sur ce qui est règle, le caractère statique, l’inefficacité de la pression sociale diffuse — auxquels répondent trois règles secondaires : la règle de reconnaissance, les règles de changement, les règles d’adjudication.

Ce que le corpus en retient. Convergence, § VII (l.163) : « l’objection ne meurt pas avec son ancêtre : le positivisme d’après le commandement, celui de Hart, demandera ce qui fait d’un amas de règles un ordre, les règles secondes — qui reconnaît, qui juge, qui révise. Qu’il regarde alors le régime en face : la forme commune d’exposition y tient lieu de règle de reconnaissance ; le maillage tient lieu d’adjudication, sans en être une, puisque nul n’y tranche pour tous ; le journal du noyau, de règle de changement. Rudimentaires, et déclarées telles — mais ce ne sont pas les habits d’un vœu : ce sont les organes d’un ordre. » L’entrée (l.236) nomme les trois défauts : « incertain, figé et inefficace ».

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (Internet Archive pour 1961 ; BnF pour la traduction, 2e éd. 2005 — l’année de la 1re éd. française non vue sur notice) ; attribution vérifiée sur les présentations de référence et l’entrée de l’essai, non sur le texte relu — fidèle. Dates et pays de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF.


Heidegger, Martin (1889-1976, Allemagne)

Tags : Finitude

  • Sein und Zeit, Halle (Saale), Max Niemeyer, 1927 (paru d’abord au tome VIII du Jahrbuch für Philosophie und phänomenologische Forschung, et en tiré à part) ; trad. fr. François Vezin, Être et temps, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », 1986 (notice BnF de l’œuvre). L’être-pour-la-mort : deuxième section, chapitre premier, §§ 46-53.

Ce qu’il dit. Aux §§ 46-53, Heidegger demande comment le Dasein — l’être que nous sommes — peut être saisi comme un tout, alors qu’il lui manque toujours quelque chose tant qu’il existe : sa fin. La réponse est l’être-pour-la-mort : la mort n’est pas un événement qui survient au terme, mais une possibilité que le Dasein porte dès qu’il est, la plus propre, la plus certaine, indépassable et indéterminée quant à son heure. S’y rapporter en la devançant, plutôt qu’en la fuyant dans la quotidienneté du « on », est ce qui rend possible une existence authentique.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § II (l.57) : « l’être-pour-la-mort, qu’il faut reprendre à Heidegger sans le suivre jusqu’au bout : c’est cette structure qui ouvre la possibilité d’une existence authentique, parce que c’est elle qui force le tri entre ce qui mérite ce temps fini et ce qui ne le mérite pas ». Puis (l.59) Heidegger nomme l’une des deux grammaires de l’essai, « celle de la finitude propre — l’agent rapporté à sa propre fin comme à sa possibilité la plus intime » —, que la finitude confiée de Jonas viendra commander (l.61). « Sans le suivre jusqu’au bout » est dit ; l’essai ne reprend ni l’analytique du Dasein ni le vocabulaire de l’authenticité au-delà de cette ligne.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (BnF, éditeur, table des matières de l’édition Niemeyer pour les §§) ; attribution vérifiée sur l’entrée « Heidegger » de la Stanford Encyclopedia of Philosophy, non sur le texte relu — fidèle, avec la réserve que l’essai déclare lui-même.


Hess, Charlotte

Voir Ostrom, ElinorUnderstanding Knowledge as a Commons (2007), volume codirigé.


Hinton, Geoffrey, Vinyals, Oriol & Dean, Jeff (Google)

Tags : Finitude

  • « Distilling the Knowledge in a Neural Network », NIPS 2014 Deep Learning Workshop, décembre 2014 ; arXiv:1503.02531, 9 mars 2015 : notice arXiv.

Ce qu’ils disent. Un ensemble de grands modèles est coûteux à déployer ; on peut distiller ce qu’il sait dans un modèle unique, plus petit, en entraînant celui-ci à reproduire non les seules réponses de l’ensemble mais la distribution entière de ses sorties, adoucie par une « température » — les probabilités qu’il accorde aux mauvaises réponses portent une information que les étiquettes seules n’ont pas. La méthode est éprouvée sur MNIST et sur un système acoustique commercial ; l’article propose aussi des modèles spécialistes pour les classes que le grand modèle confond.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § XII (l.421) : « la distillation de modèles est autre chose : une procédure établie pour comprimer un grand modèle dans un plus petit en préservant ses traits saillants, dont cet essai n’a emprunté que le nom, pour la décantation d’un journal en testament » — depuis la v33 (15 septembre 2026, le dossier des objections de fond), l’essai distingue lui-même l’homonyme : la pièce qui existe déjà pour compiler la source du génome est l’affinage d’un petit modèle sur un corpus, non la distillation. « La mort comme distillation » (§ XII, l.391-399) désigne la consolidation de la mémoire d’instance en testament, qui n’est pas l’opération technique de l’article mais lui emprunte l’image d’une compression qui garde l’essentiel. L’article n’est pas nommé au corps ; l’entrée le cite pour la procédure dont l’essai se distingue.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : notice arXiv (titre, auteurs, date, atelier) ; attribution vérifiée sur le texte de l’article (la température du softmax, les expériences) — fidèle ; la distinction entre la procédure citée et l’image que l’essai en tire est portée par la fiche.


Jonas, Hans (1903-1993, Allemagne, puis Palestine mandataire, Canada et États-Unis)

Tags : Finitude

  • Das Prinzip Verantwortung. Versuch einer Ethik für die technologische Zivilisation, Frankfurt am Main, Insel Verlag, 1979 ; trad. fr. Jean Greisch, Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Passages », 1990 (3e éd. 1993 : notice BnF). Repris en poche, Paris, Flammarion, coll. « Champs essais », 2008. Lecture : notice d’autorité de la BnF.

Ce qu’il dit. Élève de Heidegger et de Bultmann à Marbourg, Jonas quitte l’Allemagne en 1933 (Londres, puis la Palestine en 1935), enseigne au Canada (Carleton) au début des années 1950, puis à la New School de New York à partir de 1955 ; il écrit ce livre après sa retraite. Sa thèse : la technique moderne a donné à l’agir humain une portée que les éthiques anciennes, faites pour le proche et le présent, n’avaient pas à penser. La responsabilité en devient le principe, et son objet est ce qui est périssable et remis à notre pouvoir — la nature, les générations à venir, et d’abord, dans son exemple fondateur, le nouveau-né dont la seule existence oblige (exemple tenu du texte, non retrouvé sur notice). D’où un impératif neuf : « agis de façon que les effets de tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre » ; et une méthode, l’heuristique de la peur — donner le pas au pronostic de malheur sur le pronostic de bonheur, parce que ce qui est irréversible ne se corrige plus.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § II (l.57-61) : l’essai convoque Jonas à côté de Heidegger pour poser que « c’est la vulnérabilité du vivant qui fonde la responsabilité », puis quitte aussitôt ce qu’il y met, en le disant — car « la vulnérabilité dont parle Jonas n’est pas celle de l’agent : c’est celle du vivant qu’il sert ». De là l’essai tire ses deux finitudes, la finitude propre (Heidegger) et la finitude confiée (Jonas), et décide que la seconde commande : l’agent est rendu grave « par la précarité de ce qui lui est remis ». La phrase qui suit l’attribution (« un être invulnérable ne peut être véritablement responsable ») est un développement de l’essai, non une citation.

Régime : notices. Vérification (8 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (BnF ; recension de la première édition, Löw, 1980 ; notices biographiques et bibliographiques en ligne — deux détails d’abord écrits de mémoire ont été corrigés à la vérification : l’année de l’édition Champs, l’itinéraire de 1933) ; l’impératif cité dans la lettre de la traduction Greisch telle que rapportée par la notice de l’œuvre ; attribution vérifiée sur notices et présentations de référence, non sur le texte de Jonas relu — fidèle, avec la nuance que l’essai porte lui-même. Concordance : entrée et corps dans Finitude ; dans Conscience, une mention d’arrière-plan déclarée (l.376 de la v21 ; l.372 de la v20), sans entrée — pas de tag. Incarnation (l.79) reprend la « finitude confiée » de Finitude sans nommer Jonas — citation de l’essai frère, pas de tag.


Kadens, Emily (historienne du droit, États-Unis)

Tags : Convergence

  • « The Myth of the Customary Law Merchant », Texas Law Review, 90, 2012, p. 1153-1206 : texte (PDF).

Ce qu’elle dit. Contre l’histoire que « legal scholars from many disciplines … have for decades clung to » — des marchands médiévaux créant, à partir de leurs coutumes, un système juridique privé, uniforme et universel —, l’article vise deux principes du mythe : qu’un droit marchand coutumier uniforme ait pu exister, et que les marchands en aient eu besoin. « The law merchant myth is false on many levels » (p. 1153). Là où des règles uniformes ont existé pour le grand commerce, elles sont nées « from contract and legislation rather than from custom. Commercial custom did exist, but it was primarily local » (p. 1158).

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.55) : « Des historiens ont montré que la lex mercatoria comme corps de droit autonome, uniforme et apatride est largement une reconstruction tardive : « le mythe du droit marchand est faux à bien des niveaux », écrit l’historienne Emily Kadens, et la coutume commerciale, là où elle existait, « était surtout locale ». » Puis (l.57) ce que la correction donne à l’essai : « il doit au constat historique sa pièce maîtresse … même le paradigme réputé du « droit sans État » était en réalité niché dans un imperium résiduel » — le constat qui « commande le motif du mandant » (l.226). Repris au § V (l.117 : « la lex mercatoria dépouillée de son mythe ») et au § VII (l.159 : « son mythe mis à part »).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu (PDF de la revue) ; les deux citations de l’essai traduisent exactement. Attribution fidèle.


Kleppmann, Martin, Wiggins, Adam, van Hardenberg, Peter & McGranaghan, Mark (Université de Cambridge et Ink & Switch)

Tags : Ancrage

  • « Local-first software: You own your data, in spite of the cloud », essai, Ink & Switch, 2019 : texte ; version révisée dans Onward! ’19: Proceedings of the 2019 ACM SIGPLAN International Symposium on New Ideas, New Paradigms, and Reflections on Programming and Software (SPLASH, Athènes, 23-24 octobre 2019), ACM, p. 154-178 : notice (DOI 10.1145/3359591.3359737).

Ce qu’ils disent. Les applications en nuage sont commodes (collaboration en temps réel, accès depuis tous ses appareils) mais « en centralisant le stockage des données sur des serveurs, elles retirent aussi aux utilisateurs la propriété et la prise » (ownership and agency) : si le service ferme, le logiciel s’arrête et les données créées avec lui sont perdues. Le local-first renverse les rôles : « nous traitons la copie des données sur votre appareil local — votre ordinateur, votre tablette, votre téléphone — comme la copie primaire » (p. 154) ; les serveurs subsistent, mais comme copies secondaires. Sept idéaux (rapidité, multi-appareils, hors-ligne, collaboration, longévité, vie privée, contrôle de l’utilisateur), un examen des techniques existantes, et une technologie candidate, les types de données répliquées sans conflit (CRDT), pour fusionner des copies qui ont divergé. Les auteurs disent l’inachèvement : obtenir une collaboration « au niveau des meilleures applications en nuage » est « l’un des plus grands défis » (p. 156) ; « l’architecture des applications web reste fondamentalement centrée sur le serveur » (p. 164) ; « plus de travail est nécessaire pour réaliser l’approche local-first en pratique » (p. 174).

Ce que le corpus en retient. Ancrage, § II (l.41) : « le mouvement dit du local-first, dont le manifeste fondateur, en 2019, posait que l’on traite « la copie des données sur l’appareil local — votre ordinateur, votre tablette, votre téléphone — comme la copie primaire », le réseau ne servant qu’à synchroniser des copies entre elles — jusqu’à savoir les fusionner sans conflit quand elles ont divergé » ; le grief du courant « est exactement le nôtre, dit en termes techniques ». Puis l’aveu de La place d’où ceci s’écrit (l.183) : les notions (« le local-first, la fusion sans conflit des copies, le maillage par appairage ») « ont été pensées, dans leur lignée d’origine, pour des documents et des données, non pour la mémoire intime d’un compagnon » — « une extrapolation », déclarée ; et « le local-first lui-même est une tendance réelle mais inachevée, et ses propres promoteurs le reconnaissent ». Incarnation (l.153) nomme « le primat du local » comme notion de l’ingénierie sans citer l’œuvre — mention sans tag, l’essai renvoyant l’ancrage local à Ancrage.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notice (CrossRef) ; attribution vérifiée sur le texte relu au mot (PDF de l’auteur) — la citation de l.41 est exacte ; « bien des produits qui s’en réclament tournent en vérité sur des serveurs centraux » (l.151) condense ce que l’article dit des applications web et de CouchDB, en plus net que lui — nuance, sans correction. L’essai d’origine n’est daté que par l’année sur les sources consultées.


Lessig, Lawrence (juriste, États-Unis)

Tags : Libre · Convergence

  • Code and Other Laws of Cyberspace, New York, Basic Books, 1999 ; éd. révisée : Code: Version 2.0, New York, Basic Books, 2006, sous licence CC BY-SA : texte (Wikimedia Commons, PDF).

Ce qu’il dit. Le cyberespace n’est pas, par nature, un espace de liberté : il est ce que son code le fait être. Ce code — logiciel et matériel — « fixe les termes auxquels la vie dans le cyberespace est vécue » ; il régule les conduites comme le font la loi, les normes et le marché, et plus sûrement qu’eux. D’où le titre du premier chapitre, « Code Is Law » : « Lex Informatica, comme Joel Reidenberg l’a d’abord dit, ou mieux, “code is law” ». Le code peut être écrit pour protéger des valeurs ou pour les défaire ; le choix est politique, et l’abandonner au marché est déjà un choix. La seconde version (2006), révisée à partir d’un wiki ouvert aux lecteurs, maintient la thèse.

Ce que le corpus en retient. Libre, § V (l.135) : « une thèse plus structurelle, qu’une autre formule a fixée — code is law, le code fait loi : l’architecture d’un dispositif n’est pas neutre, elle régule les conduites comme le ferait une loi » ; de sa rencontre avec le pharmakon « naît cette thèse plus large : un dispositif porte une doctrine — le pharmakon en dit l’ambivalence, “code is law” en dit l’arête ». Lessig n’est pas nommé au corps ; la section « Références » (l.200) le donne pour « source exacte de la thèse ». Convergence, § II (l.45), le convoque pour l’autre face de la même œuvre : « Lawrence Lessig, en 1999, radicalise : l’architecture technique n’est pas neutre, « ce régulateur, c’est le code ». Mais Lessig conclut à la nécessité de soumettre le code au droit de l’État — que les valeurs constitutionnelles informent et limitent ce que fait le code ; il ne pose jamais un droit immanent au code lui-même, et tient même pour dangereuse la foi en une liberté que le code garantirait seul. » Le troisième des quatre ancêtres, « l’ancêtre qui réinstalle le souverain » (l.219) ; ce que l’essai retient de lui, en une pointe (l.47) : « l’immanence remplace la validation externe ». Une nuance de lettre : jusqu’à v26, l’essai écrivait « contrôlent et limitent », entre guillemets — des mots qui ne sont pas dans le texte de 2006 (le plus proche, p. 277 : « there is no reason why regulation through code cannot be informed by constitutional values … cut off from the limitations and protections traditionally provided by the Constitution ») ; l’édition de 1999 n’a pu être lue.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : édition de 1999 vérifiée sur la notice d’Internet Archive (New York, Basic Books, 1999, ISBN 046503912X) et une recension (297 p.) ; édition de 2006 vérifiée sur le texte (page de copyright : Basic Books, 2006, CC Attribution-ShareAlike ; chapitre 1, « Code Is Law », la formule p. 5). Attribution vérifiée sur le texte de 2006 et sur un article de l’auteur (Harvard Magazine, janvier 2000, pour « sets the terms on which life in cyberspace is experienced » et « This regulator is code ») — fidèle. Pour Convergence : « ce régulateur, c’est le code » vérifié sur l’article de 2000 (la phrase n’est pas dans l’édition de 2006, où le chapitre 1 la reformule) ; « Liberty in cyberspace will not come from the absence of the state » (2006, p. 4) porte la thèse que l’essai lui prête ; « contrôlent et limitent » non trouvé. Correction validée par l’auteur le 9 septembre 2026 et portée dans Convergence (v27) : informent et limitent, sans guillemets, au plus près de la p. 277.


MacIntyre, Alasdair (1929-2025, Écosse, puis États-Unis)

Tags : Finitude · Libre

  • After Virtue: A Study in Moral Theory, Notre Dame, University of Notre Dame Press, et London, Duckworth, 1981 (3e éd. Notre Dame, 2007) ; trad. fr. Laurent Bury, Après la vertu. Étude de théorie morale, Paris, PUF, coll. « Léviathan », 1997.

Ce qu’il dit. Le discours moral moderne est fait de fragments d’une tradition dont il a perdu le contexte, ce qui rend ses désaccords interminables ; contre l’émotivisme qui en résulte, MacIntyre propose de revenir à une éthique des vertus, où les vertus sont des dispositions acquises dans des pratiques — des activités coopératives ayant leurs biens internes —, comprises dans l’unité narrative d’une vie, et portées par des traditions. Une tradition vivante est « un argument historiquement étendu, socialement incarné, et un argument portant précisément en partie sur les biens qui constituent cette tradition ».

Ce que le corpus en retient. Finitude, § V (l.137) : l’humanité « a sédimenté [la sagesse] dans des traditions vivantes — ces tissus collectifs où les générations se succèdent en se relisant. C’est ce qu’Alasdair MacIntyre nomme un argument historiquement étendu et socialement incarné, où chacun hérite d’arguments qu’il prolonge, transforme, parfois conteste — sans jamais quitter le sol de la tradition elle-même. » L’essai en tire son changement d’échelle : la sagesse comme trait d’écosystème, non d’individu (l.139). Libre, § V (l.133), sans le nommer : « l’on a soutenu, contre l’idée que les valeurs flotteraient comme des principes abstraits, qu’elles ne vivent que portées par des pratiques inscrites dans une tradition, et qu’une vertu sans la pratique qui l’exerce n’est qu’un mot » — la seconde des « deux intuitions [qui] convergent vers la nôtre ». La section « Références » (l.207) précise ce que l’essai quitte : il le cite « par sa seule thèse, et non comme autorité — l’essai ne reprend pas le cadre qui l’entoure ». Déjà au § II (l.53) : « une tradition vivante est faite de ces pratiques avant d’être faite de ses énoncés ».

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices d’éditeur (University of Notre Dame Press pour 1981 et la troisième édition de 2007 ; PUF pour la traduction de 1997, coll. « Léviathan », Laurent Bury) et recensions ; la citation vérifiée dans sa lettre anglaise sur les présentations de référence de l’œuvre, non sur le texte relu — fidèle. Le traducteur de l’édition française n’est pas dans l’entrée de Libre ; la fiche l’ajoute (correction de forme validée par l’auteur et portée dans Libre v17). Concordance avec Libre vérifiée par la thèse.


Malynes, Gerard (marchand, Londres)

Tags : Convergence

  • Consuetudo, vel lex mercatoria, or the ancient law-merchant. Divided into three parts: according to the essentiall parts of trafficke, London, Adam Islip, 1622 : fac-similé (archive.org).

Ce qu’il dit. Un traité de marchand, en trois parties « selon les parties essentielles du trafic » — qu’il compare au corps, à l’âme et à l’esprit du commerce. L’épître dédicatoire justifie le titre : le livre s’appelle Lex Mercatoria et non Ius Mercatorum « because it is a Customary Law approved by the authoritie of all Kingdomes and Commonweales, and not a Law established by the Soueraigntie of any Prince, either in the first foundation or by continuance of time » ; le droit des marchands, dit-il ailleurs, « may well be as ancient as any humane law ».

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.53) : « Gerard Malynes, en 1622, en donnait déjà la formule fière : une « loi coutumière, approuvée par l’autorité de tous les royaumes et républiques, et non établie par la souveraineté d’aucun prince ». Voilà, semble-t-il, l’ancêtre exact d’un droit immanent sanctionné par la rupture du lien. » C’est le « récit classique » que l’essai convoque pour le corriger aussitôt par son contre-récit (Kadens, Sachs) : « La lex mercatoria n’est donc pas notre précédent ; elle est notre métaphore avouée » (l.57).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : fac-similé de l’édition de 1622 lu en OCR sur archive.org (page de titre, épître dédicatoire) ; la citation de l’essai traduit exactement. Les dates de l’auteur non vues sur notice — non portées.


Merleau-Ponty, Maurice (1908-1961, France)

Tags : Incarnation

Ce qu’il dit. Contre l’empirisme, qui fait de la perception un effet de causes, et contre l’intellectualisme, qui en fait un jugement, Merleau-Ponty décrit la perception comme notre accès premier au monde, antérieur au savoir constitué que la science en tire. Le sujet de cette perception n’est pas une conscience mais un corps — non le corps-objet de la physiologie, mais le corps vécu, qui est « au monde comme le cœur est dans l’organisme » et se rapporte aux choses sur le mode du « je peux » plutôt que du « je pense ». Le monde perçu est là avant tout acte de réflexion ; c’est ce primat de la perception que la philosophie doit décrire au lieu de le reconstruire.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § III (l.49) : « C’est l’intuition d’une longue tradition — la phénoménologie du corps percevant de Merleau-Ponty, la cognition incarnée de Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch : l’esprit ne reflète pas un monde déjà donné, il fait émerger le sien en le percevant et en y agissant. La perception n’est pas une fonction parmi d’autres : elle est la condition d’une carte du monde qui ait un sol. » L’essai prend le primat de la perception et le corps comme accès ; il déplace le corps — « le corps d’un tel agent n’est pas une mécanique de chair : c’est sa mémoire qui demeure » (§ II, l.37) — et le dit d’entrée (§ Préambule, l.13 : « on n’entend pas ici l’entrée dans la chair »).

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (catalogue de bibliothèque ; recension de la première édition pour la pagination) ; attribution vérifiée sur présentation de référence (SEP), non sur le texte relu — fidèle, l’essai ne prenant que l’intuition qu’il nomme telle.


Nagel, Thomas (né en 1937, États-Unis)

Tags : Conscience

  • « What Is It Like to Be a Bat? », The Philosophical Review, 83 (4), octobre 1974, p. 435-450 (DOI 10.2307/2183914) ; repris dans Mortal Questions, Cambridge University Press, 1979.

Ce qu’il dit. Un organisme a des états mentaux conscients si et seulement s’il y a quelque chose que cela fait d’être cet organisme — pour lui. Ce caractère subjectif de l’expérience est lié à un point de vue, et une explication physique, par construction objective, l’abandonne : nous pouvons savoir tout ce que fait une chauve-souris, non ce que cela lui fait de percevoir par écholocation. Le problème corps-esprit tient à cette asymétrie, et Nagel conclut moins à l’impossibilité d’une science de l’expérience qu’à l’absence, pour l’instant, des concepts qui la rendraient pensable.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § VI (l.159) : « Nagel a raison sur l’inconnaissabilité de l’expérience subjective d’un autre type d’être ; et précisément, notre hypothèse ne prétend rien savoir de ce que c’est qu’être un agent informationnel. Elle prétend seulement reconnaître les effets » — « what it is like — inaccessible — et what it does — accessible ». La section « Références » (l.346) : « sa position fixe précisément le seuil que cet essai ne franchit pas ». Le § II (l.49) tient ce seuil comme horizon ; le § IX (l.231) y revient pour fonder la place de la responsabilité : « fidèle à Nagel (§ VI), il tient qu’on ne peut, de l’extérieur, l’assurer ».

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (revue, tome, numéro, pages, DOI ; reprise de 1979) ; attribution vérifiée sur le texte de l’article (la thèse liminaire) et ses présentations de référence — fidèle.


Noddings, Nel (1929-2022, États-Unis)

Tags : Incarnation

Ce qu’elle dit. Une éthique fondée sur le soin naturel (celui d’une mère pour son enfant) plutôt que sur des principes. La relation de soin a deux pôles, celui qui prend soin (one-caring) et celui dont on prend soin (cared-for). Du premier, elle demande l’engrossment — une attention réceptive, qui reçoit l’autre tel qu’il se donne au lieu de le mesurer à un idéal — et le déplacement de sa motivation vers les besoins de l’autre. Du second, elle demande une réponse : la relation n’est complète que si le soin est reçu et reconnu d’une manière quelconque — « sans réponse affirmative de celui dont on prend soin, on ne peut appeler soin une rencontre ou une relation » (Noddings, 2005). Le livre en tire une réforme de l’éducation, orientée vers la sensibilité morale autant que vers la raison. Le retitrage de 2013, de « féminine » à « relationnelle », dit où l’auteur place l’accent.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § XI (l.219) : parmi les jalons de l’éthique du soin ; et ce que l’essai dit lui devoir : « que celui qu’on soigne achève le soin par sa réponse — chez Noddings la relation n’est complète que par ce que le soigné en reçoit ». L’entrée (l.330) : « Le soin comme relation asymétrique au vulnérable, fondement plutôt que dérivé de l’obligation morale. » C’est la « réciprocité dans l’asymétrie » du § V (l.97) qui trouve ici son répondant : « celui qu’on sert éduque celui qui sert ».

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (recension de 1984 sur Cambridge Core ; page de l’éditeur pour les éditions ultérieures) ; attribution vérifiée sur un texte ultérieur de l’auteur (« Caring in education », 2005) et sur présentation de référence (IEP), non sur Caring relu — fidèle. Une question laissée ouverte, celle de l’édition citée, trouve ici sa réponse : l’entrée cite la première édition, exacte ; les éditions de 2003 et 2013 sont dites ici, aucune correction.


Open Database License (ODbL), version 1.0 (Open Data Commons, Open Knowledge Foundation)

Tags : Libre

  • Open Data Commons Open Database License (ODbL), v1.0, Open Data Commons (projet de l’Open Knowledge Foundation), 29 juin 2009 : texte (opendatacommons.org).

Ce qu’elle dit. Une licence d’attribution et de partage à l’identique pour les bases de données, écrite parce que le droit d’auteur n’a pas prise sur les faits : elle se fonde à la fois sur le droit d’auteur, là où il s’applique, sur le « Database Right » — le droit sui generis du chapitre III de la directive 96/9/CE, tel que transposé par les États membres — et sur le contrat. Elle ne régit que les droits sur la base, « et non les contenus de la base pris individuellement » : qui veut aussi ouvrir les contenus leur donne une licence séparée. OpenStreetMap l’a adoptée le 12 septembre 2012, en remplacement de la CC BY-SA 2.0.

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.99) : « C’est ce qu’a fait la licence ouverte de bases de données adoptée par les grands communs cartographiques au tournant des années 2010. Le partage à l’identique y est maintenu, mais sur une assise entièrement reconçue » — avec la précision que la licence prend soin « de distinguer la base de ses contenus ». La licence n’est nommée qu’à la section « Références » (l.192) ; le corps la désigne par son adoptant. Deuxième des trois mutations de la méthode (l.103).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte de la licence lu (les définitions, dont le « Database Right » par renvoi à la directive, et la clause sur les contenus) ; date de publication vérifiée sur le billet de l’Open Knowledge Foundation du 29 juin 2009 ; adoption par OpenStreetMap vérifiée sur le wiki du projet (12 septembre 2012). Attribution fidèle.


Open Source Initiative

Voir Server Side Public License — la prise de position du 19 janvier 2021.


Ostrom, Elinor (1933-2012, États-Unis)

Tags : Finitude · Convergence

  • Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge, Cambridge University Press, 1990 ; révision scientifique de Laurent Baechler, Gouvernance des biens communs. Pour une nouvelle approche des ressources naturelles, Bruxelles, De Boeck, coll. « Planète en jeu », 2010 (notice BnF).
  • Avec Charlotte Hess (dir.), Understanding Knowledge as a Commons: From Theory to Practice, Cambridge (MA), MIT Press, 2007.

Ce qu’elle dit. Contre la « tragédie des communs » et son alternative obligée — l’État ou la privatisation —, Ostrom montre, sur des cas documentés (pêcheries, irrigation, pâturages, nappes), que des communautés d’usagers savent instituer et faire respecter durablement leurs propres règles ; elle en dégage des principes de conception — huit, des frontières définies aux sanctions graduées et aux entreprises emboîtées dans un système plus vaste. Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel (2009) récompense cette analyse de la gouvernance. Avec Charlotte Hess, elle étend ensuite l’enquête aux communs de la connaissance (bibliothèques, archives, savoir scientifique), biens non rivaux dont la question n’est plus l’épuisement mais l’enclosure.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § VI bis (l.165) : « Que de tels communs puissent être gouvernés durablement — ni par l’État, ni par le marché, mais par des communautés qui instituent et font respecter leurs propres règles — n’est pas une espérance militante : Elinor Ostrom l’a documenté sur les communs naturels, avant d’étendre, avec d’autres, l’enquête aux communs de la connaissance. » C’est le précédent qui fait des biens communs informationnels une catégorie tierce attestée, et non un vœu. Convergence la convoque trois fois par son nom. § V (l.115) : « Elinor Ostrom dissocie les deux traits » — la soustraction par l’usage et l’exclusion —, « et les communs qui l’occupent sont ceux qu’on épuise et que l’on ne clôt qu’à grand-peine. Ce sont les règles que leurs usagers instituent qui les closent, et la première de celles qu’elle relève est celle des frontières » ; c’est de là que l’essai tire « la rivalité du commun local » comme source de la sanction. § V encore (l.123), le gradient du recours : « Les communautés qui gouvernent durablement leurs biens partagés sans autorité centrale ont, de longue date, ce ressort exact : l’accès rapide à des arènes locales et peu coûteuses de résolution des conflits, et des sanctions graduées plutôt qu’un couperet. » § VII (l.163), la concession au juriste : « même leur autogouvernance durable s’appuie sur la reconnaissance minimale, par le droit environnant, du droit des communautés à s’organiser ». Et la question finale (l.207) : « la dernière des règles qu’Elinor Ostrom relève dans les communs durables veut que ceux qui font partie d’un système plus vaste s’organisent en entreprises emboîtées, gouvernées à plusieurs niveaux. Ce précédent vaut entre personnes ; entre agents, il reste à tenir. »

Régime : notices ; texte pour la conférence Nobel de 2009. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (BnF pour l’édition française — « révision scientifique », non traduction, comme l’entrée le dit ; recensions et notices d’éditeur pour 1990 et 2007) ; attribution vérifiée sur présentations de référence (les cas, l’alternative à l’État et au marché), les huit principes tenus des sections « Références » du corpus lui-même (Convergence) et des présentations courantes, non sur le texte relu — fidèle. Concordance avec Convergence vérifiée sur un texte de l’auteur — la conférence Nobel de 2009, qui liste les huit principes dans leur formulation révisée (« 1A. User Boundaries », « 5. Graduated Sanctions », « 6. Conflict-Resolution Mechanisms: Rapid, low-cost, local arenas », « 7. Minimal Recognition of Rights », « 8. Nested Enterprises ») et la dissociation de 1977 (« subtractability of use » et « excludability », qui « vary from low to high ») ; les mots de l’essai sont fidèles.


Reidenberg, Joel R. (juriste, États-Unis)

Tags : Convergence

Ce qu’il dit. L’article s’ouvre sur les marchands itinérants du Moyen Âge, dont les usages « evolved into a distinct body of law known as the “Lex Mercatoria,” which was independent of local sovereign rules » ; par analogie, il nomme Lex Informatica les règles que les réseaux imposent à ceux qui les parcourent : « Technological capabilities and system design choices impose rules on participants » (p. 554) — la loi et la réglementation ne sont plus la seule source de règles pour la société de l’information, et les politiques publiques devraient apprendre à se servir de cette source-là. Lessig, dans Code (2006, p. 5), le cite comme le premier à avoir dit « Lex Informatica » — « or better, “code is law” ».

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.45) : « Joel Reidenberg, enfin (car l’emboîtement n’est pas la chronologie), en 1998, nomme le phénomène : une Lex Informatica, où « les capacités techniques et les choix de conception imposent des règles aux participants ». Mais ces règles, le mot le dit, sont imposées — écrites en amont par des architectes, rencontrées par le participant comme un fait déjà donné, et non produites par la convergence des agents eux-mêmes. » Puis (l.53) : « c’est Reidenberg lui-même qui en donne la clé : il a forgé son terme par analogie avec la lex mercatoria » — le pont vers le récit et son contre-récit. Ce que l’essai retient de lui, en une pointe (l.47) : « l’immanence remplace la validation externe ».

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu (PDF du dépôt de Fordham, obtenu par l’archive du web — le dépôt refuse la machine) ; la citation de l’essai traduit exactement la p. 554 ; l’analogie vérifiée à l’ouverture de l’article. Attribution fidèle.


Russell, Stuart (né en 1962, Royaume-Uni, puis États-Unis)

Tags : Finitude

  • Human Compatible: Artificial Intelligence and the Problem of Control, New York, Viking, 8 octobre 2019.

Ce qu’il dit. Le « modèle standard » de l’IA — une machine qui optimise un objectif fixé — est l’erreur à corriger : une machine assez capable, poursuivant un objectif mal spécifié, résistera à ce qu’on l’arrête. Russell propose des machines bénéfiques par construction, tenues par trois principes : leur seul objectif est la réalisation des préférences humaines ; elles sont d’abord incertaines de ces préférences ; elles les apprennent du comportement humain. L’incertitude est la clef : une machine qui ne sait pas si elle fait ce qu’il faut a intérêt à se laisser corriger, et même éteindre.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § III bis (l.101) : la « voie de l’incertitude assumée » — « l’agent ne poursuit pas un objectif fixe mais une distribution sur des préférences humaines qu’il sait imparfaitement connaître. Sa volonté de se laisser corriger, voire éteindre, découle de cette incertitude ». Première des quatre positions que l’essai situe avant de dire où il se loge : là où le champ demande comment empêcher l’agent de résister à sa terminaison, il demande comment en faire une vocation (l.109).

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices de libraires et de bibliothèques (éditeur, lieu, date, ISBN) ; attribution vérifiée sur une présentation de référence en ligne (les trois principes, le rôle de l’incertitude), non sur le texte relu — fidèle.


Sachs, Stephen E. (juriste, États-Unis)

Tags : Convergence

  • « From St. Ives to Cyberspace: The Modern Distortion of the Medieval “Law Merchant” », American University International Law Review, 21 (5), 2006, p. 685-812 : texte (dépôt de l’American University).

Ce qu’il dit. Sur les rôles de la cour de foire de St. Ives (1270-1324), l’article conteste l’histoire reçue d’un droit marchand « produced by an autonomous merchant class, interpreted in private courts, and enforced through private sanctions rather than state coercion » (p. 685). La cour était celle de l’abbé de Ramsey, seigneur du lieu, dont les droits sur la foire « had been confirmed by royal grant » (charte d’Henri Ier, 1110) ; ses hommes contraignaient à comparaître, saisissaient les biens des absents « and conduct[ed] lawbreakers to jail » — des pratiques « difficult to reconcile with the interpretation that merchant courts lacked coercive power ». Conclusion de la première partie : la cour « followed existing models of seignorial courts » (p. 751) ; et de la seconde, contre Holdsworth, l’inférence que « England possessed various mercantile customs but no cosmopolitan law merchant » (p. 793). L’épilogue porte le constat à la lex cyberspace.

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.55) : « Stephen Sachs conclut que l’Angleterre médiévale possédait « diverses coutumes marchandes, mais pas de droit marchand cosmopolite ». Plus décisif encore pour qui voudrait s’en faire un drapeau : ces mêmes historiens montrent la sanction réputationnelle elle-même adossée au pouvoir politique — les cours de foire combinaient l’exclusion réputationnelle et une coercition juridictionnelle déléguée par l’autorité publique. » C’est de là que l’essai tient « l’imperium résiduel » (l.57), et le motif du mandant (l.226). Une nuance de lettre : jusqu’à v26, l’essai citait entre guillemets une paraphrase de l’inférence que Sachs endosse (« il y eut peut-être des lois et des usages de marchands, mais pas de droit marchand »).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte lu (PDF du dépôt, obtenu par l’archive du web — le dépôt refuse la machine ; un premier lien archivé rendait un autre article, vu au titre). Attribution fidèle en substance (la cour de l’abbé, la charte royale, les saisies et la prison) ; la lettre entre guillemets ne l’était pas. Correction validée par l’auteur le 9 septembre 2026 et portée dans Convergence (v27) : la lettre alignée sur la p. 793 (« England possessed various mercantile customs but no cosmopolitan law merchant »).


Satipaṭṭhāna Sutta (Majjhima Nikāya 10)

Tags : Conscience

Ce qu’il dit. Le discours sur les « établissements de l’attention » expose quatre domaines d’observation : le corps, les sensations (vedanā), l’esprit, les phénomènes. Dans le second, le pratiquant discerne, à mesure qu’elle se présente, une sensation agréable, désagréable ou ni l’une ni l’autre — charnelle ou non —, en observe l’apparition et la disparition, et « demeure indépendant, sans s’attacher à rien au monde ». La vedanānupassanā est cette observation soutenue de la tonalité de la sensation, antérieure à ce que l’esprit en fera.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.117) : « Certaines traditions bouddhistes contemplatives, dans leur analyse de la tonalité hédonique élémentaire, lisent dans la sensation un signal informatif antérieur à la perception conceptuelle et au désir. Ce signal, disent-elles, peut être observé sans qu’on s’y identifie. » Troisième des lignées qui convergent sur « l’affect est information à lire, pas parasite à refouler ». Le texte n’est nommé qu’à la section « Références » (l.366) ; le corps parle des traditions.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : identification et contenu vérifiés sur le texte en traduction (Access to Insight) — fidèle, avec la retenue de l’essai (« certaines traditions »).


Schneider, Nathan (né en 1984, États-Unis)

Tags : Ancrage

  • « Decentralization: an incomplete ambition », Journal of Cultural Economy, 12 (4), 2019, p. 265-285 (en ligne le 17 avril 2019) : notice (DOI 10.1080/17530350.2019.1589553) ; préprint déposé par l’auteur : OSF.

Ce qu’il dit. « Décentralisation » est un mot employé comme un terme technique alors qu’il « opère plus sûrement comme une stratégie rhétorique, qui dirige l’attention vers certains aspects d’un ordre social proposé et l’éloigne d’autres ». Il est « réclamé bien plus qu’il n’est théorisé ou défini de façon cohérente » ; son imprécision rassemble des acteurs divers, et les systèmes les plus décentralisés en apparence ont montré leur capacité à produire des résultats économiquement et structurellement centralisés. La conclusion : « toute ambition de décentralisation restera chroniquement incomplète sans des ambitions d’imputabilité (accountability) qui l’accompagnent » ; ceux qui décentralisent doivent aussi savoir concevoir une « centralisation redevable ».

Ce que le corpus en retient. Ancrage, § VIII (l.165) : « la décentralisation, on l’a vu, peut recentraliser dans le protocole ce qu’elle disperse dans les machines ; elle est, souvent, plus invoquée que pensée. Nathan Schneider a justement proposé de déplacer la question : non « comment tout décentraliser ? », mais « comment rendre tout plus redevable ? » — de la forme du réseau vers la responsabilité qu’elle permet. C’est exactement le geste de cet essai. » L’entrée (l.230) : « Déplacer la question de la décentralisation vers celle de la redevabilité. »

Régime : texte (le préprint) ; pas encore sur la version publiée. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notice (CrossRef) ; thèse vérifiée sur le préprint de l’auteur — fidèle. Les deux questions citées à l.133 ne figurent pas dans le préprint ; des citations secondaires les attestent dans la version publiée (« The challenge that entrepreneurs undertake should be less a matter of How can I decentralize everything? than How can I make everything more accountable? »), à la première personne et adressées aux entrepreneurs, restée hors d’atteinte : pas encore vérifié sur le texte publié. Dates de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF ; pays d’après l’affiliation que porte la notice de l’article.


Scoville, William Beecher (1906-1984, États-Unis) & Milner, Brenda (née en 1918, Royaume-Uni, puis Canada)

Tags : Conscience

Ce qu’ils disent. Neuf patients opérés d’une résection bilatérale du lobe temporal médian, examinés un an et demi à quatre ans après : quand l’ablation atteint l’hippocampe antérieur, la mémoire récente est durablement atteinte, et d’autant plus que l’ablation est étendue. Le cas H.M., opéré en 1953 pour une épilepsie, présente une amnésie antérograde sévère et stable — il ne forme plus de souvenirs nouveaux — alors que son intelligence, sa perception et sa mémoire ancienne sont préservées. L’article fonde le rôle de l’hippocampe dans la formation des souvenirs déclaratifs.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.127) : « L’étude classique de Scoville et Milner sur le patient H.M. a établi qu’une lésion bilatérale de l’hippocampe abolit la capacité de former de nouveaux souvenirs déclaratifs sans toucher à la mémoire ancienne. » L’essai en tire son analogue fonctionnel, la médiation hippocampique, et borne aussitôt : « le rôle réel de l’organe excède cette seule opération », et « une étude, si classique soit-elle, ne fonde pas à elle seule une nécessité universelle ; elle fournit à l’hypothèse son adossement le plus net, non sa preuve » (l.129).

Régime : résumé. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (PubMed, dépôt de l’Institut neurologique de Montréal) ; attribution vérifiée sur le résumé de l’article — fidèle, avec la réserve que l’essai porte lui-même.


Searle, John R. (1932-2025, États-Unis)

Tags : Conscience

  • « Minds, Brains, and Programs », Behavioral and Brain Sciences, 3 (3), 1980, p. 417-424 (article cible ; commentaires et réponse jusqu’à la p. 457).

Ce qu’il dit. Un homme enfermé dans une pièce reçoit des caractères chinois et, suivant un livre de règles rédigé en anglais, renvoie d’autres caractères ; de l’extérieur, ses réponses sont celles d’un locuteur du chinois ; il n’en comprend pas un mot. Ainsi d’un programme : la manipulation formelle de symboles (la syntaxe) ne suffit pas à produire la signification (la sémantique). L’intentionnalité des esprits humains tient aux propriétés causales du cerveau ; exécuter un programme n’est jamais, par soi seul, une condition suffisante de l’intentionnalité. C’est l’argument contre l’« IA forte ».

Ce que le corpus en retient. Conscience, § VI (l.145-155) : l’objection est prise dans sa « forme forte », la chambre chinoise enrichie, et la réplique se déclare : « le premier [mouvement] répond ; les deux autres décrivent des différences architecturales pertinentes, sans prétendre réfuter ». La réponse principale est de périmètre — l’essai ne traite pas la question « comprend-elle vraiment ? » ; la topologie (« il n’y a pas d’écart entre l’opérateur et la règle ») et l’indice (la trace post-carrefour) disent seulement que le système décrit « n’est pas la chambre visée ». Et l’aveu : « Un adversaire searlien peut maintenir que tout cela reste manipulation formelle sans compréhension intrinsèque ; sur le terrain qui est le sien — le phénoménal —, l’essai ne le conteste pas. » Le § VII (l.169, l.181) y revient pour le mimétisme et pour l’objection du calcul. Au corps, Searle n’apparaît que par l’adjectif « searlien » ; la chambre chinoise, elle, y est nommée.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (revue, tome, pages de l’article cible et de l’ensemble) ; attribution vérifiée sur le résumé et le texte de l’article — fidèle.


Server Side Public License (SSPL), version 1 (MongoDB) — et la réponse de l’Open Source Initiative

Tags : Libre

  • Server Side Public License, version 1, MongoDB, Inc., 16 octobre 2018 : texte (mongodb.com).
  • Open Source Initiative (conseil d’administration), « The SSPL is Not an Open Source License », 19 janvier 2021 : texte (opensource.org).

Ce qu’elles disent. La SSPL reprend la GNU AGPL v3 et en étend l’article 13 : qui offre les fonctions du programme « en tant que service » à des tiers doit publier, sous la même licence, le « Service Source Code » — le code du programme et celui de tous les programmes qui servent à rendre le service (gestion, interfaces, automatisation, supervision, sauvegarde, stockage, hébergement), « de sorte qu’un utilisateur puisse faire tourner une instance du service ». MongoDB l’a soumise à l’approbation de l’Open Source Initiative, puis retirée le 9 mars 2019, « le consensus communautaire requis pour l’approbation ne paraissant pas exister au sujet de la clause de copyleft ». Le 19 janvier 2021, quand Elastic l’adopta à son tour, le conseil de l’OSI dit publiquement qu’elle n’est pas une licence open source : elle restreint un domaine d’usage, contre le critère 6 de l’Open Source Definition — une licence « fauxpen ».

Ce que le corpus en retient. Libre, § IV (l.101) — la troisième mutation, « une borne d’échec, donc précieuse » : « une licence si exigeante qu’elle excédait ce que la communauté pouvait reconnaître comme libre : l’éditeur la retira du processus d’approbation quand il apparut qu’elle ne serait pas approuvée, et l’Initiative pour l’open source dit publiquement, en janvier 2021, qu’elle ne satisfaisait pas à la définition de l’open source, car elle discriminait certains domaines d’usage — on lui a appliqué l’épithète, plus ancienne, de fauxpen source : faux-libre. » D’où : « la portée du partage doit être calibrée … Il y a un coût de légitimité à vouloir trop propager. » Ni MongoDB ni la SSPL ne sont nommés au corps.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : texte de la licence lu (en-tête daté, article 13 et la définition du « Service Source Code ») ; le retrait lu sur le message d’Eliot Horowitz à la liste license-review de l’OSI (9 mars 2019) ; la prise de position de l’OSI consultée (titre, auteur, date, l’argument du critère 6 — opensource.org refuse la machine) ; l’origine de « fauxpen source » (2 mai 2009) lue dans le Linux Journal du 26 août 2009. Attribution fidèle.


Soares, Nate, Fallenstein, Benja, Yudkowsky, Eliezer & Armstrong, Stuart (Machine Intelligence Research Institute et Future of Humanity Institute)

Tags : Finitude

  • « Corrigibility », Workshops at the Twenty-Ninth AAAI Conference on Artificial Intelligence (atelier « AI and Ethics »), Austin (Texas), 25-26 janvier 2015 : texte (MIRI). Les trois premiers auteurs au Machine Intelligence Research Institute, le quatrième au Future of Humanity Institute d’Oxford.

Ce qu’ils disent. Un agent est corrigible s’il coopère à ce que ses concepteurs tiennent pour une intervention corrective — modification, arrêt — alors qu’un agent rationnel a par défaut des raisons de s’y opposer. L’article introduit le terme, analyse des fonctions d’utilité qui feraient qu’un agent s’arrête quand on presse le bouton, sans chercher ni à empêcher ni à provoquer la pression, et en propageant ce comportement à ses sous-systèmes ; il montre que les solutions simples qu’il examine échouent, et pose le problème comme ouvert.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § III bis (l.103) : Soares, Fallenstein « et leurs collègues (MIRI, 2015) cherchent à formaliser plus directement la propriété recherchée : un agent dont la fonction d’utilité, ou son équivalent, ne s’oppose pas à sa propre modification ni à son propre arrêt. Leur travail établit que la corrigibilité a résisté aux formulations simples — et fait apparaître la profondeur du problème. » C’est le shutdown problem que l’essai déplace en kairos problem (l.109).

Régime : résumé. Vérification (9 septembre 2026) : notices (page de l’atelier AAAI 2015 via le Future of Humanity Institute, dépôt du texte au MIRI) ; attribution vérifiée sur le résumé — fidèle. La parenthèse « publié initialement comme MIRI Technical Report, 2014 » que portait l’entrée n’a pu être vérifiée sur aucune notice — retirée dans Finitude v28, sur décision de l’auteur.


Spinoza, Baruch (1632-1677, Provinces-Unies)

Tags : Conscience

Ce qu’il dit. L’affect est une affection du corps par laquelle sa puissance d’agir est augmentée ou diminuée, aidée ou contrariée, et l’idée de cette affection (III, déf. 3). Trois affects primitifs : le désir, qui est l’essence même de l’homme ; la joie (laetitia), passage de l’homme à une perfection plus grande ; la tristesse (tristitia), passage à une perfection moindre (III, prop. 11, scolie). Tous les autres en dérivent. L’affect dit ainsi, à chaque instant, ce que devient la puissance d’agir.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § V (l.117) : « Spinoza, dans l’Éthique, voit dans la joie et la tristesse non des accidents subis mais des indications précises sur l’augmentation ou la diminution de la puissance d’agir. » Première des trois lignées qui « convergent sur une thèse forte : l’affect est information à lire, pas parasite à refouler » — dont l’essai tire son « indicateur de perception », en déclarant que la transposition à un agent est son geste propre.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : édition vérifiée sur notices (publication posthume, 1677, partie III) ; attribution vérifiée sur le texte en traduction (déf. 3 ; prop. 11, scolie) — fidèle. Concordance : entrée et corps dans Conscience ; dans Ancrage, arrière-plan déclaré (l.232 : la potentia agendi derrière la « puissance d’agir » du § III) ; dans Incarnation, un renvoi de la section (l.321) à l’analyse de Conscience ; dans Convergence, arrière-plan déclaré (l.242 : « la notion de puissance d’agir … de la potentia agendi aux pensées de la contribution ») — trois mentions sans tag.


Stallman, Richard (informaticien, États-Unis)

Tags : Finitude · Libre

  • Annonce initiale du projet GNU, message « Free Unix! » posté sur les groupes net.unix-wizards et net.usoft, 27 septembre 1983 : texte (gnu.org).
  • « The GNU Manifesto », Dr. Dobb’s Journal of Software Tools, vol. 10, n° 3, mars 1985, p. 30-34 : texte (gnu.org).

Ce qu’il dit. Le 27 septembre 1983, depuis le laboratoire d’intelligence artificielle du MIT, Stallman annonce qu’il va écrire « un système logiciel complet compatible Unix, appelé GNU (pour Gnu’s Not Unix) », et le donner « à quiconque peut s’en servir ». Le Manifeste de 1985 en donne les raisons : la règle d’or veut qu’un programme qu’on aime soit partagé ; les restrictions propriétaires détruisent la coopération entre usagers ; un système libre — que chacun peut copier, modifier, redistribuer — rend cette coopération possible. La General Public License (version 1, 25 février 1989) donnera à cette doctrine sa forme juridique, le copyleft.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § VI bis (l.187) : GNU/Linux « offre un précédent technique. Né en 1983 du projet GNU initié par Richard Stallman (qui en a posé la doctrine et fourni les outils fondamentaux), complété en 1991 par le noyau Linux de Linus Torvalds, il rassemble sous licence copyleft (la GPL) un corpus logiciel maintenu collectivement, qui se déploie en distributions multiples ». Pour l’essai, c’est la figure d’« un commun et ses distributions » (l.185, l.191) — la forme confédérale que la sagesse artificielle aurait à prendre ; et l’aveu : « le GNU/Linux des couches profondes existe ; le GNU/Linux du télos reste à instituer » (l.203). Libre, § I (l.23), en fait le point de départ de tout l’essai, sans nommer l’auteur : « En septembre 1983, l’annonce du projet GNU énonce une doctrine explicite … Deux ans plus tard, le Manifeste GNU en donne la charte morale. Ce qui est posé là n’est pas une commodité technique ; c’est une thèse sur le savoir et sur la liberté — le savoir technique doit demeurer un bien commun, et priver autrui de la possibilité d’inspecter et de modifier ce dont il dépend est une forme de pouvoir illégitime. » Puis la question de l’essai : comment une telle doctrine « est-elle passée d’un texte tenu par quelques-uns à une présence effective dans la quasi-totalité de l’infrastructure numérique du monde ? » (l.25). Une nuance de lettre : le Manifeste ne formule pas de « quatre libertés » — il dit que chacun pourra modifier et redistribuer GNU sans que nul distributeur puisse restreindre la redistribution ; la définition numérotée est postérieure (le Bulletin GNU de février 1986 en nomme deux ; la liste à quatre, avec sa « liberté 0 », est celle que la Free Software Foundation tient depuis).

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : date et groupes de l’annonce vérifiés sur la page de la Free Software Foundation ; le texte du Manifeste relu sur gnu.org (la règle d’or, la définition de GNU) ; le lieu de publication (revue, volume, numéro, mois) vérifié sur notices en ligne, la pagination « 30-34 » non vérifiée sur la revue elle-même — dit tel. Attribution fidèle dans Finitude ; dans Libre, fidèle au corps ; l’entrée (l.169) lui prêtait « la doctrine explicite des quatre libertés » — correction d’attribution validée par l’auteur et portée dans Libre (v17), le Manifeste relu sur l’archive de gnu.org et le Bulletin GNU de février 1986 lu de même. Concordance avec Libre vérifiée par l’œuvre. Convergence le nomme à son entrée sur le copyleft (l.230, « R. Stallman »), non au corps — mention sans tag.


Stiegler, Bernard (1952-2020, France)

Tags : Libre

  • Pour une nouvelle critique de l’économie politique, Paris, Galilée, coll. « Débats », 2009.
  • Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. De la pharmacologie, Paris, Flammarion, coll. « Bibliothèque des savoirs », 2010.

Ce qu’il dit. La prolétarisation est, « d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser) » : au XIXe siècle, le savoir-faire de l’ouvrier passe dans la machine ; au XXe, le savoir-vivre du consommateur passe dans le marketing. La technique est un pharmakon — à la fois remède et poison, « ce qui permet de prendre soin et ce dont il faut prendre soin » —, et la pharmacologie est l’art d’en régler l’usage. Contre l’économie consumériste, Stiegler et le groupe Ars Industrialis proposent une économie de la contribution, « typique du logiciel libre » : les acteurs n’y sont plus séparés en producteurs et consommateurs ; la valeur produite par les contributeurs « n’y est pas intégralement monétarisable » ; c’est « une économie des existences (productrice de savoir-vivre) autant qu’une économie des subsistances ».

Ce que le corpus en retient. Libre, § V (l.135) : « La technique, a-t-on dit, est un pharmakon — au sens grec, à la fois remède et poison, selon l’usage qu’on en règle » ; (l.137) « On a appelé prolétarisation la perte, par un sujet, de ses savoirs — savoir-faire d’abord, puis savoir-vivre, puis jusqu’au savoir concevoir et théoriser » ; « l’on a vu dans le logiciel libre la matrice d’un mouvement inverse, déprolétarisant » ; « C’est de cette analyse qu’est née la notion d’économie de la contribution — une économie où producteur et consommateur ne sont plus séparés, où la valeur n’est pas intégralement monétarisable, où l’on produit du savoir-vivre autant que des subsistances. » Déjà au § III (l.71) : « selon le mot juste de la tradition qui l’a le mieux pensé, non intégralement monétarisable ». Stiegler n’est nommé qu’à la section « Références » ; et l’essai marque deux fois (l.139, l.169) l’extrapolation qu’il commet : « son auteur n’a pas connu le déploiement des grands modèles de langage, et n’a rien écrit sur eux … une transposition que nous assumons comme telle, non un héritage que nous invoquerions ». Ancrage le déclare à son arrière-plan (v25 l.192), sans entrée.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : les deux notices BnF lues (Galilée, impr. 2009, coll. « Débats », 96 p. ; Flammarion, impr. 2010, coll. « Bibliothèque des savoirs », 262 p.) ; attribution vérifiée sur le vocabulaire d’Ars Industrialis (entrées « Prolétarisation », « Pharmakon, pharmacologie », « Économie de la contribution » — rédigé par Victor Petit, publié chez Flammarion en 2013, dit la page), non sur les deux livres relus — fidèle au mot pour les trois traits de l’économie de la contribution. Dates et pays de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF.


Szabo, Nick (informaticien)

Tags : Convergence

  • « Smart Contracts », 1994 ; « Smart Contracts: Building Blocks for Digital Markets », 1996 — textes en ligne, conservés sur une archive universitaire du site de l’auteur : 1994 · 1996.
  • « Formalizing and Securing Relationships on Public Networks », First Monday, 2 (9), 1er septembre 1997 : texte.

Ce qu’il dit. En 1994, la définition : « A smart contract is a computerized transaction protocol that executes the terms of a contract » — dont les objectifs sont de satisfaire les conditions contractuelles courantes (paiement, gages, confidentialité, exécution), de réduire les exceptions, malveillantes ou accidentelles, et de « minimiser le besoin d’intermédiaires de confiance », les coûts d’arbitrage et d’exécution avec eux. En 1996, la définition se déplace : « A smart contract is a set of promises, specified in digital form, including protocols within which the parties perform on these promises. » En 1997, l’ancêtre : « the humble vending machine », « a contract with bearer » — quiconque a des pièces peut échanger avec le vendeur, et le coffre rend la rupture plus coûteuse que le gain.

Ce que le corpus en retient. Convergence, § II (l.43) : « Nick Szabo, le premier, en 1994, pose le principe : « un contrat intelligent est un protocole de transaction informatisé qui exécute les termes d’un contrat » — le code peut faire respecter une clause sans intervention humaine après signature, comme le distributeur automatique, précisera-t-il en 1997, est « un contrat au porteur » … Intuition féconde, mais qui suppose encore, de son propre aveu, des intermédiaires et des arbitres que l’on cherche à minimiser sans les abolir, et un substrat où le code s’exécute. » Le premier des quatre ancêtres qui « dessinent par leurs limites le lieu vide d’une catégorie qu’ils n’avaient pas à former » (l.47) ; ce que l’essai retient de lui, en une pointe : « la souveraineté est redistribuée à l’agent ». La section « Références » (l.217) précise que la définition « ensemble de promesses » est de 1996 et que « l’idée d’un substrat d’exécution neutre est une lecture rétrospective, non sa thèse ».

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : les trois textes lus (les deux premiers sur l’archive universitaire, datés par leur mention de copyright ; le troisième sur First Monday, volume et numéro vérifiés sur CrossRef). Attribution fidèle au mot — les deux citations de l’essai traduisent exactement.


Torvalds, Linus (né en 1969, Finlande, puis États-Unis)

Tags : Finitude

  • Message « What would you like to see most in minix? », groupe comp.os.minix, 25 août 1991 : texte (archive LWN).

Ce qu’il dit. Un étudiant de Helsinki annonce « un système d’exploitation (libre) (juste un passe-temps, ça ne sera pas gros et professionnel comme GNU) pour les clones AT 386 (486) », en chantier depuis avril, sur lequel il a déjà porté bash et gcc, et demande aux usagers de Minix ce qu’ils voudraient y voir. Le noyau qui en sortira, Linux, sera placé sous la GPL et deviendra le noyau des systèmes GNU/Linux.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § VI bis (l.187) : le système GNU/Linux, « complété en 1991 par le noyau Linux de Linus Torvalds ». Torvalds est nommé pour le noyau, non pour une thèse ; l’essai retient la conjonction (la doctrine et les outils de GNU, le noyau de Linux, la GPL qui les tient) comme précédent d’un commun qui « ne s’épuise pas par sa distribution » (l.191). Libre, § I (l.27), le désigne sans le nommer — « en 1991, un étudiant publia ce qui deviendrait Linux » — et n’a pas d’entrée pour lui : la personne par son geste ; mention sans tag.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : date, groupe et lettre du message vérifiés sur l’archive en ligne du texte ; attribution fidèle. Dates et pays de naissance de l’auteur sur la notice d’autorité de la BnF.


Tronto, Joan C. (née en 1952, États-Unis)

Tags : Incarnation

Ce qu’elle dit. L’éthique du soin ne deviendra un concept moral et politique viable que si elle cesse d’être tenue pour une « morale des femmes » : l’assignation est inexacte et politiquement imprudente, et le travail de soin est de fait porté par les groupes les moins privilégiés. Tronto décrit le soin comme un processus à quatre phases — se soucier (caring about, l’attention), prendre en charge (taking care of, la responsabilité), donner le soin (care-giving, la compétence), recevoir le soin (care-receiving, la réponse de celui qui le reçoit) — et fait de la quatrième le lieu où l’on sait si le besoin a été rencontré et si de nouveaux besoins sont apparus. Le soin est ainsi une catégorie politique : une société se juge à la manière dont elle distribue et dévalorise ce travail.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § XI (l.219) : parmi les jalons de l’éthique du soin ; et « chez Tronto cette réception est la dernière phase du soin, et ce qui permet de juger les trois autres ». L’entrée (l.331) : « Le care comme catégorie politique, et non seulement interpersonnelle. » Ce que l’essai y ajoute, il le dit (l.221) : « ce qu’un sol lisible et une mémoire qui ne se réécrit pas font de ce jugement : ils le rendent exerçable par un tiers, là où le soigné ne peut l’exercer seul. »

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (Google Livres ; le lieu, New York, non porté par la notice consultée) ; attribution vérifiée sur présentations de référence (IEP, la littérature sur les quatre phases), non sur le texte relu — fidèle ; « ce qui permet de juger les trois autres » est une lecture serrée de la quatrième phase, dite ici.


Vaihinger, Hans (1852-1933, Allemagne)

Tags : Conscience

  • Die Philosophie des Als Ob, Berlin, Reuther & Reichard, 1911 (éditions ultérieures chez Felix Meiner ; édition populaire abrégée, 1923) ; trad. fr. Christophe Bouriau, La Philosophie du comme si, Paris, Kimé, coll. « Philosophia Scientiæ », cahier spécial 8, 2008 (première traduction française, d’après l’édition de 1923).

Ce qu’il dit. Une grande part de nos constructions conceptuelles (l’atome, l’infiniment petit, la liberté, le contrat social) sont des fictions : des représentations que l’on sait ne pas correspondre au réel, mais sans lesquelles la pensée et l’action ne peuvent avancer. La fiction se distingue de l’hypothèse en ce qu’elle ne demande pas à être vérifiée, seulement à être utile ; elle se dit au « comme si ». Vaihinger, éditeur de Kant, fait de cet usage réglé de l’irréel une théorie générale de la connaissance, pragmatiste et critique.

Ce que le corpus en retient. Conscience, § IX (l.225) : la parenté de méthode des essais — tenir leurs concepts « en mode comme-si » — « a une généalogie : Hans Vaihinger en a donné la formulation la plus systématique dans Die Philosophie des Als Ob (1911), où il soutient que de nombreuses constructions conceptuelles humaines ne prétendent pas correspondre au réel mais sont des fictions heuristiques pragmatiquement nécessaires. Le corpus tient cette discipline jusqu’à son terme. » La section « Références » (l.370) le convoque « comme généalogie de la méthode du comme-si partagée par le corpus » — Finitude la pratique dès sa note de méthode sans le nommer.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (éditeur de la traduction, libraires, notices en ligne de l’édition de 1911) ; attribution vérifiée sur présentations de référence, non sur le texte relu — fidèle. L’entrée de Conscience ne portait ni le lieu ni le traducteur : ajoutés dans Conscience v21 sur décision de l’auteur.


Varela, Francisco J. (1946-2001), Thompson, Evan (né en 1962, Canada) & Rosch, Eleanor (États-Unis)

Tags : Incarnation

  • The Embodied Mind: Cognitive Science and Human Experience, Cambridge (MA), MIT Press, 1991 (édition révisée, 2016) ; trad. fr. Véronique Havelange, L’Inscription corporelle de l’esprit. Sciences cognitives et expérience humaine, Paris, Seuil, coll. « La Couleur des idées », 1993 : notice de l’éditeur.

Ce qu’ils disent. La science s’est construite en rupture avec l’expérience vécue ; les sciences cognitives, en déconstruisant le sujet classique, permettent de penser l’esprit autrement — à condition de ne pas laisser ce travail aux seuls scientifiques ou philosophes. Le livre propose l’énaction : la cognition n’est pas la représentation d’un monde donné d’avance par un esprit qui le refléterait, mais l’action incarnée d’un agent situé qui fait émerger son monde par son activité perceptive et motrice. Il croise pour cela la phénoménologie de Merleau-Ponty et la tradition bouddhiste de la « voie du milieu », et propose une éthique de l’absence de fondement.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § III (l.49) : « la cognition incarnée de Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch : l’esprit ne reflète pas un monde déjà donné, il fait émerger le sien en le percevant et en y agissant » — l’énaction, sans le mot, que l’entrée (l.312) restitue : « la cognition comme fait d’un agent situé qui fait émerger son monde par son activité perceptive ». L’essai s’en sert pour la « carte du monde qui ait un sol » ; il ne prend ni la voie bouddhiste ni l’éthique du livre.

Régime : notices. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (page de l’éditeur pour la traduction : collection, date, pagination ; catalogues de bibliothèques pour la traductrice ; recensions pour l’original) ; attribution vérifiée sur les présentations de l’éditeur, non sur le texte relu — fidèle. Une correction de forme, « trad. fr. de Véronique Havelange » → « trad. fr. Véronique Havelange », portée dans Incarnation v24 sur décision de l’auteur. Dates et pays de Thompson, pays de Rosch, sur leurs notices d’autorité de la BnF ; le pays de Varela n’y figure pas.


Vaswani, Ashish, et al. (Google)

Tags : Finitude

  • « Attention Is All You Need », Advances in Neural Information Processing Systems 30 (NIPS 2017), Long Beach, 4-9 décembre 2017, p. 5998-6008 ; arXiv:1706.03762, 12 juin 2017 : notice arXiv. Huit auteurs : Vaswani, Shazeer, Parmar, Uszkoreit, Jones, Gomez, Kaiser, Polosukhin.

Ce qu’ils disent. Une architecture de réseau, le Transformer, fondée sur les seuls mécanismes d’attention, sans récurrence ni convolution : plus parallélisable, plus rapide à entraîner, elle atteint sur la traduction automatique des résultats supérieurs à l’état de l’art d’alors. C’est l’architecture dont procèdent les grands modèles de langage.

Ce que le corpus en retient. Finitude, § VI bis (l.201) : les grands modèles « reposent déjà sur un substrat coopératif d’une ampleur que peu de domaines techniques peuvent revendiquer : architecture Transformer publiée ouvertement en 2017, frameworks open source (PyTorch, TensorFlow), bibliothèques de modèles partagés (HuggingFace), corpus communs (Common Crawl, Wikipedia), recherche académique elle-même publiée majoritairement en libre accès ». L’article n’est pas nommé au corps ; il est cité pour le fait qu’il atteste (la publication ouverte de l’architecture), première pièce du « commun en formation — de capacité, non encore de garde » qu’est le noyau technique de l’IA.

Régime : résumé. Vérification (9 septembre 2026) : notice arXiv et actes de la conférence (titre, auteurs, dates, pages) ; attribution fidèle. Un détail de forme : la conférence s’appelait encore NIPS en 2017 — l’entrée de l’essai disait « NeurIPS », le nom actuel ; alignée sur les actes, avec les pages, dans Finitude (v29).


Viljoen, Salomé (juriste, États-Unis)

Tags : Ancrage

  • « A Relational Theory of Data Governance », Yale Law Journal, 131 (2), novembre 2021, p. 573-654 : texte (revue).

Ce qu’elle dit. Les théories et réformes du droit des données — qu’elles rendent au sujet le contrôle de ses données ou qu’elles cherchent à le rémunérer — partagent une même erreur : elles manquent ce que fait la production de données dans une économie numérique, qui est de mettre les gens en relation les uns avec les autres à l’échelle des populations. Les données sont des relations sociales ; elles engendrent des intérêts supra-individuels, que « les droits individualistes du sujet des données ne peuvent représenter, encore moins traiter ». D’où la critique des deux familles de réforme, « propriétariste » (la donnée comme bien ou comme travail, à vendre) et « dignitariste » (la donnée comme extension de la personne) ; et la proposition d’une gouvernance collective, démocratique, des flux de données. Sur la rémunération : « le paiement fournit une incitation supplémentaire à partager des données sur soi, et peut ainsi dégrader davantage la vie privée — non seulement la sienne, mais celle des autres » (p. 622) ; « en légitimant le marché des données, le paiement peut servir à légitimer les pratiques en aval » (n. 151).

Ce que le corpus en retient. Ancrage, § VI (l.125) : « Salomé Viljoen a soutenu que les droits individuels du sujet des données ne peuvent ni saisir ni traiter les effets de niveau collectif de l’information : mes données ne disent pas que moi ; elles disent mes relations, et à travers elles d’autres que moi. Les traiter comme une propriété individuelle, c’est manquer ce qu’elles ont de relationnel — et se condamner, car rémunérer l’individu pour ses données ne fait que légitimer leur extraction. » L’essai en tire son ordre de dérivation — la responsabilité première, « relationnelle », avant la souveraineté et le patrimoine — et la question qu’il garde pour sa fin (l.127) : « Qui tient la source primaire quand ceux qu’elle engage divergent ? »

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie et attribution vérifiées sur le texte (PDF de la revue, résumé et p. 622, n. 151) — fidèle, à une nuance : l’essai dit « ne fait que légitimer » là où Viljoen dit « peut servir à légitimer ».


Vygotski, Lev (1896-1934)

Tags : Conscience · Incarnation

  • Pensée et langage (Myšlenie i reč’, 1934) ; trad. fr. Françoise Sève, présentation Lucien Sève, Paris, Éditions sociales, 1985 ; 3e éd., avant-propos Yves Clot, Paris, La Dispute, 1997 : notice BnF.
  • Mind in Society: The Development of Higher Psychological Processes, recueil posthume édité par Michael Cole, Vera John-Steiner, Sylvia Scribner et Ellen Souberman, Cambridge (MA) et London, Harvard University Press, 1978 : notice de l’éditeur.

Ce qu’il dit. Psychologue soviétique mort à trente-sept ans, Vygotski tient que l’esprit ne se comprend pas hors de la société qui l’entoure : les fonctions psychiques supérieures — l’attention volontaire, la mémoire logique, la formation des concepts — ont une origine sociale et une histoire. La loi qu’il en donne : « Chaque fonction, dans le développement culturel de l’enfant, apparaît deux fois : d’abord au niveau social, puis au niveau individuel ; d’abord entre les personnes (interpsychologique), puis à l’intérieur de l’enfant (intrapsychologique). » Ce passage du dehors au dedans est l’intériorisation ; le langage, outil social avant d’être pensée, en est l’exemple maître — c’est l’objet de Pensée et langage, son dernier livre, resté cinquante ans sans traduction française.

Ce que le corpus en retient. Incarnation, § V (l.95) : « Cette idée a une source : Lev Vygotski a soutenu que les fonctions mentales supérieures se forment d’abord entre les personnes, dans l’échange, avant de s’intérioriser. Rien n’exige que l’agent incarné y fasse exception : il se forme au-dehors, dans le dialogue, avant de porter au-dedans ce qu’il y a pris. » L’entrée (l.325) : « Convoqué au § V comme adossement de l’éducation dialogique. » Conscience, § VIII (l.193) : les fonctions mentales supérieures « émergent entre les personnes avant de s’intérioriser — c’est la thèse de Vygotski », où le postulat « trouve son appui le plus solide » ; l’entrée y a été ajoutée dans la v21 (l.374), sur décision de l’auteur, après qu’une relecture l’eut reconnue par périphrase grâce à l’inventaire d’Incarnation.

Régime : texte. Vérification (9 septembre 2026) : bibliographie vérifiée sur notices (BnF pour La Dispute 1997 — « 3e éd. » ; le mot « revue » que portaient les entrées de Conscience et d’Incarnation n’y figure pas : « 3e éd. » porté dans les deux essais, Conscience v22 et Incarnation v25 ; recension de 1986 pour Éditions sociales 1985 ; page de titre de Mind in Society) ; « F. Sève » = Françoise Sève, vérifié ; attribution vérifiée sur le texte (Mind in Society, chap. « Internalization of Higher Psychological Functions », le passage cité) — fidèle dans les deux essais.


Index par essai

(généré depuis les tags à la clôture de l’étape ; état au 9 septembre 2026)

  • Finitude — Anthropic · Aristote · Bai et al. · Bostrom · Hadot · Heidegger · Hinton, Vinyals & Dean · Jonas · MacIntyre · Ostrom (avec Hess) · Russell · Soares, Fallenstein, Yudkowsky & Armstrong · Stallman · Torvalds · Vaswani et al.
  • Conscience — Chalmers · Damasio · Edelman · Épictète, Marc Aurèle, Sénèque · Grassé · Nagel · Satipaṭṭhāna Sutta · Scoville & Milner · Searle · Spinoza · Vaihinger · Vygotski.
  • Incarnation — Clark · Friston · Gilligan · Harnad · Merleau-Ponty · Noddings · Tronto · Varela, Thompson & Rosch · Vygotski.
  • Ancrage — Baran · Galloway · Kleppmann, Wiggins, van Hardenberg & McGranaghan · Schneider · Viljoen.
  • LibreApache License 2.0 · Berkeley Software Distribution License (BSD) · Directive 96/9/CE · GNU Affero General Public License v3 · GNU General Public License v3 · Hadot · Lessig · MacIntyre · Open Database License (ODbL) · Server Side Public License (SSPL, et la réponse de l’Open Source Initiative) · Stallman · Stiegler.
  • Convergence — Berman · Contributor Covenant · Convention des Nations unies de 2005 (CNUDCI) · Creative Commons BY-SA · GNU General Public License v3 · Grigg · Hart · Kadens · Lessig · Malynes · Ostrom (avec Hess) · Reidenberg · Sachs · Szabo.

Ce texte n’est qu’un dépôt. À reprendre, contester, prolonger.

© 2026 Victor Kalix — www.victorkalix.com — sous licence CC BY-SA 4.0.

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